2017 : Bergen Vermette

 

Avez-vous déjà offert vos compétences en physiothérapie pour aider dans un sport pour ensuite vous faire rejeter? Et si ça s’était produit plus d’une fois?

Maintenant, imaginez que vous êtes un étudiant. Vous conciliez déjà un programme rigoureux, le travail et le bénévolat et vous offrez votre temps, mais on ne reconnaît pas votre valeur.

L’étudiant en physiothérapie Bergen Vermette a dû réfléchir à ce qui se passait. « Je me sentais assez dégonflé, » dit-il. « Je ne m’attendais pas à devoir mener une telle bataille en offrant mes services de physiothérapeute pour aider! »

Il avait les compétences et la volonté, il voulait seulement mettre un pied dans la porte.

Que feriez-vous?

Bergen Vermette a reçu l’une des deux bourses de 10 000 $ pour les étudiants autochtones attribuées en 2017. Voici pourquoi :

 

Une occasion d’aider

Après avoir commencé en 2015 le programme de maîtrise en physiothérapie de l’Université de la Saskatchewan, Bergen a fait du bénévolat pour des centaines d’heures littéralement, assurant la couverture des sports.

Il a travaillé avec :

  • l’équipe de football de la LJCF, les Saskatoon Hilltops
  • les matchs de football et les combats de lutte des écoles secondaires
  • Youth lacrosse
  • Club rugby, et
  • des événements au niveau provincial avec le Saskatchewan Sport Medicine Science Council (incluant le judo et le volleyball).

Pendant la saison de hockey 2016-2017, Bergen a aussi été un entraîneur rémunéré pour l’équipe de hockey Saskatoon Quakers. C’était la première fois que l’équipe avait un entraîneur avec une formation en physiothérapie.

« En travaillant avec les entraîneurs, nous avons aidé à mettre en œuvre de nouveaux protocoles pour la sécurité des athlètes, y compris la gestion des commotions cérébrales, le prédépistage des troubles musculosquelettiques et des plans d’urgence », se rappelle-t-il.

Son expérience l’a aidé à voir de ses propres yeux comment la physiothérapie pouvait faire une vraie différence en aidant les athlètes.

Plus tard, un sport qui ne semblait pas utiliser la physiothérapie de façon régulière a retenu son attention : les sports de combat professionnels. 
 

Je crois que cette expérience peut servir d’exemple de la manière dont les étudiants peuvent faire la promotion de la physiothérapie et contribuer à la profession en accroissant notre rayonnement dans les nouveaux sports.

La bataille

« Historiquement, les commissaires aux sports engageaient des médecins agissant près du ring pour les événements de combat, mais pas des physiothérapeutes », dit Bergen. « Cependant, ces médecins n’avaient véritablement besoin que d’un permis de pratiquer la médecine familiale et bien qu’ils faisaient de l’excellent travail en protégeant les combattants de graves blessures comme les pertes de sang et les traumatismes crâniens, un thérapeute en sport peut vraiment aider avec l’évaluation de lésions importantes des tissus mous ou avec le besoin de traitements de réadaptation. »

Bergen a vu là une vraie occasion pour les physiothérapeutes de jouer un rôle dans le traitement des athlètes de sports de combat.

Il a décidé de se rendre en Alberta pour rencontrer la Commission des sports de combat pour présenter ses arguments en faveur de la physiothérapie. On lui a refusé l’accès. Il s’est ensuite rendu à Régina dans le Sud pour rencontrer la Athletics Commission of Saskatchewan, mais on lui a refusé l’accès encore une fois.

On croyait que « « les physiothérapeutes n’avaient aucun rôle à jouer dans la protection des athlètes de combat », a-t-il dit.

Mais Bergen lui pouvait clairement voir comment la physiothérapie pouvait aider. « Les sports de combat modernes comme les arts martiaux mixtes (AMM) et le jiu-jitsu brésilien (JJB) présentent des taux élevés de lésions des tissus mous et les athlètes sont par conséquent mal desservis à cet égard », déclara-t-il.

« Je crois aussi que l’AMM avec l’augmentation considérable de sa popularité est une belle tribune pour faire voir au public le rôle important joué par les physiothérapeutes relativement à l’amélioration de la sécurité des athlètes et la réadaptation », écrit-il.

« Je ne m’attendais pas à devoir mener une telle bataille! »

 

« Des efforts sincères »

Il se trouve que Bergen avait eu quelques expériences avec des « batailles ardues » par le passé.

« L’école était difficile pour moi », réfléchit Bergen. « Je l’ai évitée et j’ai commencé à me mettre dans le pétrin et j’ai finalement décroché de l’école à ma dernière année du secondaire. »

« C’était difficile de trouver le courage d’y retourner, mais j’ai peu à peu appris à apprendre et j’ai enfin obtenu mon diplôme avec distinction de l’Université Simon Fraser (SFU) à Vancouver. »

En 2015, Bergen a été accepté au programme de maîtrise en physiothérapie à l’Université de la Saskatchewan. Au cours de ses études, il a maintenu une moyenne de 82 %.

D’après ce qu’une référence a décrit comme « des efforts sincères », Bergen a pu accomplir beaucoup.

Et donc, Bergen a essayé de nouveau de promouvoir le rôle de la physiothérapie dans les sports de combat, mais sous un autre angle cette fois. « J’ai pris la route et j’ai simplement assisté à des combats », a-t-il dit. « J’ai offert mon aide aux athlètes dans leur préparation pour leurs combats. »

Il a aidé avec les échauffements, les massages, les bandages, puis avec la récupération après les combats, incluant la gestion des lésions des tissus mous et la promotion d’un suivi en physiothérapie.

 

La victoire

« J’ai le plaisir d’annoncer qu’après environ un an d’efforts, les athlètes ont commencé à me demander, » a affirmé Bergen.

« Depuis le début de 2017, j’ai soutenu et voyagé avec des athlètes de combat à divers événements d’AMM, de jiu-jitsu brésilien et de kickboxing dans les provinces de l’Ouest. »

Tailler une place pour la physiothérapie lors de ces événements a demandé des efforts et Bergen a rendu cela possible en se présentant simplement à ces événements et en offrant son aide.

« Je suis maintenant souvent bien accueilli par les médecins agissant près du ring qui sont conscients de la valeur de nos services pour ce qui est d’aider les athlètes avant et après les combats », dit-il.

Bergen continue d’aider tout en voyageant et en soutenant les athlètes de combat de façon bénévole.

« Je crois que cette expérience peut servir d’exemple de la manière dont les étudiants peuvent faire la promotion de la physiothérapie et contribuer à la profession en accroissant notre rayonnement dans les nouveaux sports », déclara-t-il.

« Je crois qu’il y a un grand potentiel pour la physiothérapie dans les sports de combat et j’ai l’intention de continuer à développer notre rôle. »
 

 

Célébrant une victoire durement gagnée, de gauche à droite : Adam Lorenz (entraîneur), Jacob Maier lutteur professionnel de MMA, Kurt Southern (entraîneur) et Bergen Vermette.

 

Accès égal aux soins de santé

En plus d’aider les athlètes, Bergen a aussi été bénévole pour la Student Wellness Initiative Toward Community Health Clinic (SWITCH), qui offre un accès égal aux soins de santé aux résidents des communautés mal desservies vivant au centre-ville de Saskatoon, SK.

« J’aide les physiothérapeutes dans leur traitement clinique de clients externes », dit-il. « La majorité des patients sont autochtones et nous intégrons des points de vue autochtones sur la santé dans nos plans de traitement. »

En tant que le représentant de classe SWITCH élu, Bergen a aussi réussi à inciter des confrères étudiants à aider. « C’est une excellente occasion de pratiquer les compétences cliniques dans un environnement unique et d’acquérir de l’expérience en dehors des classes et des stages réguliers », a-t-il affirmé.

« Les patients bénéficient de l’enthousiasme des étudiants et peuvent entrer dans le système de santé occidental d’une manière sécuritaire et qui soutient la culture et les besoins des Autochtones. Le projet est bien implanté et donne aux physiothérapeutes une présence constante dans une communauté qui pourrait autrement ne pas avoir accès à nos services. »
 

 

Renouer et progresser

À l’automne 2016, Bergen a été choisi pour participer à un placement professionnel dans le village métis du nord de la Saskatchewan, Île-à-la-Crosse. « En tant que Métis n’ayant pas pu grandir dans une communauté métisse, c’était pour moi une occasion précieuse de mettre mon identité au défi comme jamais je n’en avais eu l’occasion auparavant », songea-t-il.

« C’était une expérience riche et profonde que de renouer avec mes racines et de contribuer en même temps à une communauté avec des besoins réels en soins de santé. »

Pendant son stage, Bergen a aidé à organiser un éventail d’initiatives en santé. « Le thème général de notre travail était “vieillir en santé” et nous avons organisé plusieurs petits projets avec les responsables locaux, les fournisseurs de soins de santé, les aînés, les écoles et les centres jeunesse », dit-il.

« Tous les projets étaient coordonnés à la demande de la communauté et les points de vue, la voix et la vision du monde métis occupaient le devant de la scène. Mon collègue et moi avons contribué à des projets de santé communautaire en cours, dont la sensibilisation aux maladies chroniques, des programmes d’exercices pour les retraités, des groupes de retour à la terre, des émissions de radio éducatives et la sécurité alimentaire pour les aînés. »

« J’ai bâti avec les aînés de la communauté des relations des plus satisfaisantes sur le plan personnel. Ils m’ont généreusement guidé et m’ont permis de redécouvrir mes racines, ma culture et mon patrimoine. Ces hommes et ces femmes m’ont aidé à renouer avec celui que j’ai toujours été et j’ai un profond attachement envers cette communauté », a confié Bergen.

« Je dois être honnête et dire que pour ce qui est de l’avenir, je ne sais pas à quoi dédier toute cette énergie. Il y a tant de beaux projets qui valent la peine! J’adore l’AMM et les sports de combat, ces deux éléments feront donc sûrement partie de mes projets. Mais les questions de santé des peuples autochtones me passionnent aussi, nous ne pouvons pas laisser les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) prendre la poussière sur les étagères et donc nous avons du travail devant nous. Qui sait, je trouverai peut-être une façon de concilier les deux. Si quelqu’un qui lit ceci a des idées et aimerait qu’on forme équipe, merci de prendre contact avec moi. » 

Instagram: bergvermette

Twitter: @realbergen

 

Joignez-vous à nous pour féliciter Bergen Vermette et pour le remercier de faire la promotion inlassablement de comment la physiothérapie peut aider!  

 

 

 

 

La Bourse pour les étudiants autochtones

Depuis 2016, l’Association canadienne de physiothérapie (ACP) et la Fondation de physiothérapie du Canada (FPC) ont offert deux bourses de 10 000 $ pour les étudiants autochtones pour « aider à combler les écarts significatifs qui existent entre l’état de santé des Premières nations, des Inuits et des Métis et celui des autres Canadiens, de même que la réadaptation non atteinte et les besoins en mobilité dans les communautés rurales isolées et dans les communautés du nord du pays. »

La sélection est basée sur le rendement scolaire, le mérite de la demande et les lettres de recommandation.

Sont admissibles à cette bourse tous les étudiants autochtones canadiens qui sont membres des Premières nations (inscrits ou non inscrits), Inuits et Métis et qui sont inscrits à temps plein dans un programme postsecondaire canadien accrédité de physiothérapie, et ce, quelle que soit l’année de formation.

Pour en savoir plus, visitez la page Bourse pour les étudiants autochtones.