2017: Cody Forssell

Cody Forssell, CAT(C), PEC-SCPE a reçu l’une des deux bourses de 10 000 $ pour les étudiants autochtones attribuées en 2017. Une partie de cette demande de bourse aide à expliquer pourquoi :

 

Ayant grandi dans le nord de la Colombie-Britannique, j’ai été témoin de l’iniquité dans le secteur de la santé et dans les services de soins de santé offerts aux communautés autochtones dans la province. Dans l’article d’Annette Browne, « Issues Affecting Access to Health Services in Northern, Rural and Remote Regions of Canada », elle affirme qu’un manque dans la gamme de services, la distance géographique, les différences culturelles et la réduction des effectifs dans les hôpitaux pourraient avoir comme conséquence possible de bloquer l’accès aux services (1). D’après mon expérience personnelle, je crois fermement aux recherches de Browne, ayant constaté certains éléments qu’elle souligne.

Je suis né et j’ai été élevé à Prince Rupert, en Colombie-Britannique, une ville nordique isolée reconnue pour avoir la population autochtone la plus élevée parmi toutes les municipalités de plus de 5 000 habitants au Canada. Ma ville est riche en culture autochtone et plusieurs nations considèrent cette partie du monde comme étant leur chez-soi. Le principal moyen de transport utilisé pour accéder aux services de santé et qui relie plusieurs de ces communautés est le traversier. Plusieurs communautés autochtones près de Prince Rupert sont très mal desservies ou pas du tout servies dans les services de santé.

Je suis membre de la nation Tsimshian, qui fait partie du clan de l’Épaulard, et membre de la part bande de Metlakatla. Bien que j’aie passé plusieurs années à l’adolescence et à l’âge adulte loin de Prince Rupert pour m’adonner au golf et aller à l’université à Victoria, C.-B., Metlakatla et Prince Rupert ont toujours été mon chez-moi.

À la fin de mes études, j’espère retourner à Prince Rupert pour servir ma communauté et les communautés isolées qui ont peu ou pas accès à des soins de physiothérapie.

 

Créer un mouvement

J’ai commencé mes études universitaires en 2009 à Victoria, C.-B. En 2013, j’ai obtenu un baccalauréat en thérapie sportive et en physiologie de l’exercice. Après avoir obtenu mon diplôme, je suis retourné à Prince Rupert où j’ai travaillé pendant trois ans comme thérapeute en sport et physiologiste de l’exercice.

En plus de travailler dans une clinique, j’ai commencé à faire du bénévolat comme mentor pour des jeunes Autochtones au nord de la Colombie-Britannique. Un voyage de Prince Rupert à Vancouver où j’ai escorté une quarantaine de jeunes Autochtones s’est avéré une expérience de bénévolat mémorable pour moi. L’objectif de notre voyage était de montrer aux jeunes à risque les conséquences de prendre de mauvaises décisions et les avantages de s’engager sur la bonne voie. Les emmener dans le quartier centre-est de Vancouver (Hastings Street), puis à l’Université de Colombie-Britannique figurait parmi les nombreuses activités proposées. Je maintiens encore aujourd’hui une relation de mentorat avec plusieurs de ces jeunes. 

 

Mon objectif de servir ma ville natale […] est régi par ma conviction que chaque personne a la capacité d’aider les autres, même par de petits gestes. 

 

J’ai aussi été bénévole au All Native Basketball Tournament annuel. J’étais un premier répondant certifié et un thérapeute en sport aidant les athlètes à rester dans la partie et à performer à leur plus haut niveau. Je me réjouis à l’idée de poursuivre mon engagement dans ce tournoi après une formation en thérapie physique.

Un de mes objectifs est de créer un mouvement pour aider à améliorer la santé des Autochtones partout au Canada en reprenant où je m’étais arrêté dans la région de Prince Rupert, en plus de participer à ces événements comme bénévole.

Je me suis aussi rendu plusieurs fois par mois dans des communautés éloignées comme Lax Kw'alaams et Metlakatla, et ce, pendant trois ans pour répondre aux besoins en santé de ces communautés. Comme thérapeute en sport, je travaillais normalement 10 heures de suite et voyait plus de 20 patients par jour, qui pour la plupart n’avaient pas reçu les interventions de physiothérapie dont ils avaient besoin depuis de nombreuses années. Plusieurs étaient incapables de travailler en raison de blessures qui étaient facilement traitables, mais qui se traduisaient par des symptômes de douleurs chroniques qui causaient une dépendance aux médicaments contre la douleur.

Même si je pouvais aider les patients dans mon champ de pratique, je voulais perfectionner mes compétences pour traiter des cas plus compliqués. C’est aussi pour cela que j’ai choisi de poursuivre mes études et de m’adonner à la physiothérapie.

 

« ​J’ai aussi été bénévole au All Native Basketball Tournament annuel. »​

 

L’avenir

Mon objectif est d’utiliser mes futures compétences comme physiothérapeute et de faciliter l’accès à des services de soins de santé aux communautés autochtones dans le nord de la Colombie-Britannique, y compris des dizaines de milliers d’autochtones mal desservis avec des besoins en santé variés. Mon objectif de servir ma ville natale et ma communauté n’est pas régi par mon titre professionnel seulement, mais aussi par ma conviction que chaque personne a la capacité d’aider les autres, même par de petits gestes.

En tant que personne qui est assez privilégiée pour recevoir un enseignement d’un des meilleurs programmes de physiothérapie au Canada, je crois que j’ai une obligation de redonner à ma communauté tout comme ma réserve et ma ville m’ont aidé à devenir qui je suis aujourd’hui.

Je veux encourager les jeunes de ma communauté à poursuivre leurs rêves grâce au mentorat. Nos communautés autochtones du nord de la Colombie-Britannique sont très mal desservies dans les soins de santé. À la fin de ma maîtrise en physiothérapie, j’espère retourner à Prince Rupert et ouvrir ma propre clinique où je consacrerai une bonne partie de mon temps à aider à offrir un accès aux traitements aux Autochtones de Prince Rupert et des communautés environnantes. Avant de partir, j’ai réussi à créer plusieurs liens positifs avec des dirigeants de communauté, des chefs, des membres du conseil et de la communauté de plusieurs bandes et plusieurs professionnels des soins de santé.

Mon objectif à long terme est de créer un réseau complet de professionnels de la santé qui vont servir les Autochtones du nord de la Colombie-Britannique avec des services de soins de santé adéquats comme la guérison traditionnelle, la physiothérapie, la massothérapie, la chiropractie, des services de soutien et d’éducation et d’autres services de soins de santé.

Je crois que mon éducation m’a équipé d’outils et de compétences pour aider à améliorer la vie des Autochtones du nord de la Colombie-Britannique et continuera de le faire. 

 

Joignez-vous à nous pour féliciter Cody Forssell!​

 

 

 

 

La bourse pour les étudiants autochtones

Depuis 2016, l’Association canadienne de physiothérapie (ACP) et la Fondation de physiothérapie du Canada (FPC) ont offert deux bourses de 10 000 $ pour les étudiants autochtones pour « aider à combler les écarts significatifs qui existent entre l’état de santé des Premières nations, des Inuits et des Métis et celui des autres Canadiens, de même que la réadaptation non atteinte et les besoins en mobilité dans les communautés rurales isolées et dans les communautés du nord du pays. »

La sélection est basée sur le rendement scolaire, le mérite de la demande et les lettres de recommandation.

Sont admissibles à cette bourse tous les étudiants autochtones canadiens qui sont membres des Premières nations (inscrits ou non inscrits), Inuits et Métis et qui sont inscrits à temps plein dans un programme postsecondaire canadien accrédité de physiothérapie, et ce, quelle que soit l’année de formation.

Pour en savoir plus, visitez la page Bourse pour les étudiants autochtones.