Retour à tous

crédit d'image : jigsawstocker

Par : Allana Beavis et Priscilla Flett, co-représentantes de la santé des Autochtones, division de santé mondiale, Association canadienne de physiothérapie 

La COVID-19 est la plus récente des nombreuses maladies infectieuses à toucher les peuples autochtones qui vivent en Amérique du Nord. Depuis l’arrivée des Européens il y a plus de 500 ans, les peuples autochtones ont notamment connu la variole, la grippe espagnole, la tuberculose et la grippe H1N1. Au Canada, les peuples autochtones ont connu un taux élevé d’infections lors des épidémies et des pandémies précédentes en raison de déterminants sociaux de la santé comme la colonisation et le racisme systémique.1

L’augmentation de la transmission, de l’infection et des moins bons résultats en lien avec la COVID-19 pour les peuples autochtones suscite de vives préoccupations. Certaines communautés autochtones continuent de vivre de l’insécurité au niveau de l’alimentation, de l’approvisionnement en eau et du logement.1 Plus précisément, les maisons peuvent être surpeuplées et/ou ne pas avoir d’eau courante.2,3 Ces conditions font en sorte qu’il est très difficile de suivre les recommandations de la santé publique quant à la distanciation physique et au lavage des mains.1,2,3  Les peuples autochtones connaissent un taux élevé de maladies sous-jacentes qui pourraient les prédisposer à de graves maladies comme la COVID-19.3,4 De plus, l’accès inadéquat aux équipements de protection individuelle (ÉPI) est une source de préoccupation pour les communautés autochtones depuis le début de la pandémie.3 Dans les communautés des Premières Nations, on craint aussi la perte de connaissances sacrées sur leur culture et leur histoire advenant la perte d’un Aîné.

Au Canada, les leaders autochtones ont protégé leurs communautés pendant la pandémie de COVID-19 par l’autodétermination et des pratiques de santé publique autochtones. Ces mesures comprenaient la restriction de l’accès aux communautés et l’imposition de règles plus strictes que celles des gouvernements régionaux, comme des points de contrôle et la fermeture de certaines routes.1 Ensuite, en date du 9 novembre 2020, le taux de mortalité de la COVID-19 chez les membres Premières Nations qui vivent dans une réserve représentait environ 20 % de celui de la population canadienne générale.5

Toutefois, si on tient compte d’un exemple régional, l’impact des iniquités structurelles sur les peuples autochtones en lien avec la COVID-19 est plus marqué. La population des Premières Nations au Manitoba a été grandement épargnée par la première vague de COVID-19, grâce à l’initiative des leaders autochtones d’imposer des restrictions concernant les voyages et le confinement.4 Cependant, la situation au Manitoba est devenue beaucoup plus inquiétante pendant la deuxième vague de la pandémie alors qu’on a vu le nombre de cas positifs augmenter partout dans la province. En date du 26 novembre 2020, le taux de positivité du test de cinq jours était de 22 % dans les réserves et de 19 % hors réserve pour les peuples autochtones qui vivent au Manitoba, qui était plus élevé que le taux de positivité global du test de cinq jours provincial de 15 %.6 Encore plus troublant, les membres des Premières Nations constituent 50 % des hospitalisations et un tiers des lits en soins intensifs en lien avec la COVID-19 au Manitoba.4

Les peuples autochtones au Canada ne font pas que connaître une charge et une gravité accrues de la COVID-19, ils sont simultanément confrontés aux perturbations dans les services de soins de santé, y compris la physiothérapie, qui faisaient cruellement défaut au départ.7 Cette réalité est encore plus frappante pour les peuples autochtones qui vivent dans les communautés isolées du Nord, où les fournisseurs de soins de santé se rendent par avion pour offrir des services communautaires. Une conséquence des restrictions concernant les voyages imposées par les gouvernements provinciaux et autochtones est une réduction supplémentaire de l’accès aux services de physiothérapie.8

On a prôné la téléréadaptation comme une solution à l’écart grandissant dans l’accès aux services de physiothérapie pour les peuples autochtones pendant la COVID-19. Il y a toutefois d’importants obstacles infrastructurels qui limitent l’accès équitable à la téléréadaptation. Certaines communautés autochtones dans des régions rurales et isolées du Canada n’ont pas de téléphonie cellulaire et, par conséquent, pas de données. Il y a aussi des communautés où la bande passante ne peut pas prendre en charge les appels vidéo.8 Plusieurs ménages n’ont pas d’ordinateur ou un accès à internet fiable.9 Même si la télé-réadaptation permet d’atteindre les personnes avec un accès privilégié à internet et à des appareils personnels, elle laisse certaines personnes derrière.

Pourquoi ces iniquités en santé existent-elles? La définition « d’iniquités en santé » en elle-même fournit la réponse : les iniquités en santé sont des différences systématiques en santé qui sont injustes et évitables.10 Les iniquités en santé sont les séquelles de structures sociales injustes qui privilégient certaines personnes et en oppriment d’autres.11 Les structures sociales comme le racisme envers les Autochtones et la colonisation, imprègnent la société canadienne et son fonctionnement pour créer et maintenant les iniquités.11 La colonisation, en particulier, est considérée comme un déterminant de la santé pour les peuples autochtones à l’échelle mondiale.12 La profession de physiothérapeute elle-même est colonisée puisqu’elle est une institution intégrée dans une société colonisée.

La leçon la plus importante à retenir de ce billet de blogue, c’est que les systèmes de pouvoir et d’oppression sont des constructions sociales et qu’ils peuvent donc être démantelés. En tant que physiothérapeutes, nous devons collectivement assumer notre responsabilité et notre capacité de perturber le « statu quo » et décoloniser notre profession. Nous soulignons ci-dessous le besoin d’assumer nos responsabilités à l’égard de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, de prendre des mesures pour fondamentalement changer en tant que profession et d’améliorer l’accès aux services de physiothérapie.

Répondre aux appels

Le rapport final de la CVR a été publié en juin 2015 à la suite du recours collectif contre le gouvernement du Canada pour le retrait forcé de milliers d’enfants autochtones de leurs familles et leur institutionnalisation dans les pensionnats indiens.13 Des 94 appels à l’action contenus dans le rapport de la CVR, 7 (les Nos 18 à 24) portaient sur la santé et soulignaient l’importance de soins culturellement sécuritaires et efficaces.14 Les appels à l’action de la CVR visent à aider les peuples autochtones qui vivent au Canada à guérir des séquelles laissées par les pensionnats et à marcher vers la réconciliation.13

« La réconciliation, processus individuel et collectif de longue haleine, nécessite l’engagement de tous les intéressés – anciens pensionnaires des Premières nations, Inuits et Métis et leurs familles, collectivités, organismes religieux, anciens employés des écoles, gouvernement et la population canadienne. La réconciliation peut se produire entre n’importe lesquels des groupes ci-dessus. »15

Gasparelli et al. (2015) expliquent comment les physiothérapeutes et notre profession sont responsables à l’égard des appels à l’action.14 Nous recommandons que les physiothérapeutes tiennent compte de la sagesse de Gasparelli et al. (2015) en lisant et en sensibilisant la population au rapport de la CVR et aux appels à l’action, en offrant des services de physiothérapie d’une manière culturellement sécuritaire et en faisant progresser le processus de vérité au sein de notre profession, en recrutant et en maintenant en poste des physiothérapeutes autochtones, en nous assurant que les programmes de formation en physiothérapie incorporent l’antiracisme, la sécurité culturelle et l’histoire des peuples autochtones et leurs droits et en encourageant la recherche respectueuse par et avec les peuples autochtones.14

Nous demandons aussi aux physiothérapeutes de lire et de répondre à Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui a été publié en 2019 en réponse à la violence systématique continue et au génocide culturel auxquels les femmes, les filles et les 2SLGBTQQIA autochtones sont confrontées.16 Des 231 appels à la justice, 16 (de 3,1 à 3,7 et de 7,1 à 7,9) sont en lien avec la santé et le bien-être. On demande expressément aux fournisseurs de soins de santé, y compris aux physiothérapeutes, de :    

  • comprendre que les Autochtones sont des experts quand il s’agit de prendre soin d’eux-mêmes et de se guérir;
  • soutenir les initiatives et les services de santé dirigés par des Autochtones; et
  • offrir des services de santé communautaires stables et axés sur les Autochtones (particulièrement pour les femmes, les filles et les 2SLGBTQQIA autochtones).16

Les appels expliquent en outre le besoin des fournisseurs de services de santé de faire de la formation continue sur l’histoire de la colonisation, l’antiracisme, les langues, la culture et les pratiques en matière de santé des peuples autochtones locaux, de même que les soins qui tiennent compte des traumatismes et la formation des fournisseurs de services de santé autochtones.16 Le besoin de répondre aux appels à la justice est plus urgent que jamais dans le contexte de la COVID-19.17

Défense des droits de l'internet

L’utilisation propose de la téléréadaptation pour donner accès à des services de physiothérapie aux communautés autochtones rurales et isolées pendant la COVID-19 doit composer avec d’importants obstacles en matière d’infrastructure. Cette disparité invite notre profession à nous engager dans la défense des droits de l’internet.8 L’ACP a présenté un mémoire à la Chambre des communes en juillet 2020 recommandant que le gouvernement fédéral fournisse des fonds d’urgence pour les infrastructures et la programmation requises afin de soutenir l’accès aux technologies électroniques de santé dans les communautés rurales, isolées et nordiques.7 Le 23 septembre 2020, le gouvernement fédéral s’est engagé dans le discours du Trône à investir dans la bande passante rurale et à améliorer la capacité d’offrir des soins de santé virtuels.18 Fait important, la province du Manitoba a aussi promis d’améliorer la connectivité. Elle a cependant averti que ce processus prendra du temps.19 En tant que physiothérapeutes, nous pouvons tenir les gouvernements pour responsables de faire respecter les droits de ceux et celles que nous servons.

Accès équitable à la physiothérapie

Les services de physiothérapie communautaires offerts aux communautés autochtones rurales et isolées sont rares. Le manque d’accès aux services de physiothérapie a été exacerbé par les interruptions de service prolongées pendant la pandémie de COVID-19. Si notre profession répond aux appels à l’action et aux appels à la justice mentionnés plus haut, nous devons réduire cette iniquité de plus en plus importante. Nous devons travailler afin de combler les lacunes dans les résultats en matière de santé entre les communautés autochtones et les communautés non autochtones et assurer la disponibilité de services de physiothérapie culturellement sécuritaires et axés sur les Autochtones.15,16 Nous pouvons collaborer avec les communautés autochtones et militer auprès des gouvernements pour qu’ils investissent dans les services de physiothérapie communautaires. Par exemple, le mémoire de l’ACP recommande que le gouvernement fédéral travaille dans le but de mettre en œuvre les appels à l’action afin d’améliorer la santé des Autochtones.7

En aucun cas ceci ne se veut une discussion exhaustive sur la manière de faire avancer l’équité en matière de santé. C’est un point de départ. Il y a du travail important à faire comme apprendre l’histoire de la colonisation au Canada, devenir antiraciste et renforcer la capacité de pratiquer une alliance critique.11

Conclusion

La pandémie de COVID-19 accroît les iniquités et magnifie les iniquités en matière de santé auxquelles font face les peuples autochtones qui vivent au Canada. En outre, la pandémie donne à notre profession l’occasion de nous pencher sur les iniquités qui existent en ce qui concerne l’accès à la physiothérapie pour les peuples autochtones, particulièrement ceux qui vivent dans des communautés isolées accessibles seulement par avion.8 Nous ne pouvons pas rester inactifs quand il s’agit de traiter les conséquences qui découlent du colonialisme et du racisme. Nous pouvons et nous avons la responsabilité de jouer un rôle essentiel dans le remodelage d’un contexte social élargi dans lequel se trouve la pratique de la physiothérapie. Nous sommes tous des peuples visés par les traités.

Questions

  1. Pouvez-vous penser à des façons dont notre profession a été complice du « statu quo » (c.-à-d. la colonisation et le racisme)?
  2. Nommez une chose que vous allez faire après avoir lu cet article pour perturber le « statu quo »?

Remerciements

Nous remercions la Dre Moni Fricke pour ses contributions à cette publication.

 


Allana Beavis a obtenu un baccalauréat en sciences de la santé (avec distinction) et une maîtrise de science en santé mondiale de la McMaster University. Elle a ensuite obtenu une maîtrise de science en physiothérapie de l’Université de Toronto en 2014. Elle se considère comme étant une généraliste puisqu’elle a travaillé avec des clients qui vivent avec divers troubles musculosquelettiques, neurologiques et cardiorespiratoires. Elle travaille actuellement au Community Therapy Services à Winnipeg, au Manitoba, dans les programmes Home Care et Northern Outreach. Par le biais de cette agence, elle offre par avion des services de consultation en physiothérapie aux communautés des Premières Nations dans le nord du Manitoba. Faire face aux iniquités en matière de santé et aux relations de pouvoir inégales sous-jacentes dans une société qui les crée est une passion pour elle.   

Si vous avez des questions sur le sous-comité de la santé des Autochtones ou si vous désirez vous impliquer, envoyez-nous un courriel à ghdindigenous@gmail.com.

 

Priscilla Flett a obtenu un baccalauréat en éducation physique de l’Université du Manitoba en 2015 et y a ensuite poursuivi ses études pour obtenir une maîtrise en physiothérapie en 2018. Depuis l’obtention de son diplôme, elle a travaillé au Manitoba First Nations Education Resource Centre (MFNERC) à Winnipeg, au Manitoba. Cette organisation offre des services de physiothérapie aux enfants d’âge scolaire dans les collectivités des Premières Nations au Manitoba. Ayant grandi dans une communauté isolée du Nord, Priscilla s’intéresse à la santé des Autochtones et à la santé mondiale.


 

Références

  1. Richardson, L. & Crawford, A. (2020). COVID-19 and the decolonization of Indigenous public health. Canadian Medical Association Journal, 192 (38), E1098-E1100. DOI: 10.1503/cmaj.200852
  2. Grabish, A. (27 mars 2020). H1N1 hit northern Manitoba First Nations hard — some worry COVID-19 will do the same. CBC News. Récupéré de : https://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/covid-19-concerns-remote-first-nations-manitoba-1.5510388
  3. Carling, M. & Mankani, I. (9 juin 2020). Systemic Inequities Increase Covid-19 Risk for Indigenous People in Canada: Challenges Include Barriers to Healthcare, Adequate Housing and Resources. Human Rights Watch. Récupéré de : https://www.hrw.org/news/2020/06/09/systemic-inequities-increase-covid-19-risk-indigenous-people-canada
  4. Geraldine-Malone, K. (14 octobre 2020). ‘Wake-up call:' Manitoba chief says increasing COVID-19 cases on reserves concerning. The Thompson Citizen. Récupéré de : https://www.thompsoncitizen.net/wake-up-call-manitoba-chief-says-increasing-covid-19-cases-on-reserves-concerning-1.24220074
  5. Services aux Autochtones Canada Inc. (23 novembre 2020). Le coronavirus (COVID-19) et les communautés autochtones. Gouvernement du Canada. Récupéré de : https://www.sac-isc.gc.ca/fra/1581964230816/1581964277298  
  6. First Nations Health and Social Secretariat of Manitoba. (26 novembre 2020). COVID-19 | FNHSSM. Récupéré de : https://www.fnhssm.com/covid-19
  7. Association canadienne de physiothérapie. (13 juillet 2020). Mémoire présenté au Comité permanent de santé de la Chambre des communes. Récupéré de : https://physiotherapy.ca/fr/memoire-presente-au-comite-permanent-de-la-sante-de-la-chambre-des-communes
  8. Flett, P. & Beavis, A. (5 mai 2020). Cross Canada Checkup - Session 8 - Impact of COVID-19 on Providing Physiotherapy Services to Northern Manitoba First Nations Communities. Récupéré de : https://physiotherapy.ca/cross-canada-checkup-session-9-impact-covid-19-providing-physiotherapy-services-northern-manitoba
  9. Monkman, L. (28 avril 2020). Lack of teachers, internet puts Garden Hill First Nation’s school year at risk. CBC News. Récupéré de : https://www.cbc.ca/news/indigenous/garden-hill-school-coronavirus-1.5547148
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  11. Nixon, SA. (2019). The coin model of privilege and critical allyship: implications for health. BMC Public Health, 19, 1637. DOI: 10.1186/s12889-019-7884-9
  12. Mowbray, M. (2007). Social determinants and Indigenous health: The international experience and its policy implications. In: Social Determinants of health. WHO. Récupéré de : https://www.who.int/social_determinants/resources/indigenous_health_adelaide_report_07.pdf
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  14. Gasparelli, K., Crowley, H., Fricke, M., McKenzie, B., Oosman, S., & Nixon, S. A. (2016). Mobilizing reconciliation: Implications of the Truth and Reconciliation Commission Report for physiotherapy in Canada. Physiotherapy Canada, 68(3), 211.
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  16. Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (Canada). (2019). Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Récupéré de : https://www.mmiwg-ffada.ca/fr/final-report/
  17. L’Association des femmes autochtones du Canada. (2020). Taking Action for Justice: Steps to Addressing Systemic Violence toward Missing and Murdered Indigenous Women, Girls, and Gender-Diverse People Amidst a Delayed National Action Plan. [Webinaire].
  18. Gouvernement du Canada. (23 septembre 2020). Un Canada plus fort et plus résilient : discours du Trône [fichier PDF]. Récupéré de : https://www.canada.ca/content/dam/pco-bcp/documents/pm/SFT_2020_FR_WEB.pdf  
  19. Bergen, R. (15 mai 2020). Manitoba plans to boost rural, northern internet using Hydro-built fibre optic network. CBC news. Récupéré de : https://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/manitoba-plans-to-boost-rural-northern-internet-using-hydro-built-fibre-optic-network-1.5571434