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Ce que j’ai appris sur la santé mondiale

Depuis mon récent voyage au Népal comme consultante en physiothérapie, plusieurs personnes m’ont demandé comment s’engager dans la santé mondiale. Grâce à l’expérience que j’ai acquise dans le cadre de mon stage en Afrique du Sud, ma participation comme membre du Conseil d’administration de la division de santé mondiale (DSM), mes deux années de pratique en clinique et quatre mois au Népal, je crois que je détiens certaines réponses. Avant de décider de s’engager, les gens doivent réfléchir à certains aspects. En faisant carrière dans le domaine de la santé mondiale, j’ai acquis les connaissances suivantes. J’ai eu la chance de travailler avec des physiothérapeutes partout dans le monde et de bénéficier de l’expérience collective de la DSM et de divers mentors.   
 

Comme étudiante, ma première pensée a été qu’on avait besoin de mon aide à l’étranger. Toutefois, ma façon de penser a peu à peu changé au fur et à mesure que je m’engageais dans la communauté de la santé mondiale. J’ai commencé à comprendre que, même s’il y avait de nombreuses façons de s’engager dans la santé mondiale, il fallait d’abord et avant tout tenir compte de la question de l’éthique. Naïvement, je me suis vite rendu compte que, même en tant qu’étudiante, mes premières motivations et pensées précédaient mes interactions qui faisaient plus de tort que de bien au pays hôte, renforçant les inégalités. Après avoir réfléchi à mon expérience, j’ai promis d’essayer à nouveau dans deux ans après avoir exercé comme clinicienne et d’essayer d’être plus consciente de mes actions, espérant apporter un changement durable et socialement responsable. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai poursuivi mon expérience de la santé mondiale en exerçant au Népal pendant quatre mois. En prévision de ce voyage, j’ai approfondi ma formation avant mon départ. J’ai tiré des enseignements de l’expérience de mes mentors à l’international et j’ai suivi des cours pour accroître mes connaissances en santé mondiale et mes compétences cliniques. J’ai établi un contact avec le Dhulikhel Hospital une année à l’avance en espérant pouvoir combler les besoins du département de physiothérapie. Cependant, même après quatre mois fructueux au Népal, j’ai trouvé que mon engagement perpétuait un phénomène appelé néocolonialisme. Le néocolonialisme est une forme de dépendance d’un pays à revenu moyen inférieur envers un pays à revenu élevé. Même si certaines de mes actions en ont aidé quelques-uns, je me demande encore si elles se sont avérées éthiques.
 

La santé mondiale est un processus. Ce processus ne commence pas en entreprenant un voyage pour sauver les autres. Il commence en fait avec vous. La façon dont nous nous percevons par rapport au monde change nos actions et les résultats. Choisir de faire d’abord un examen de conscience nous permet de découvrir les motivations qui guident nos actions, qui peuvent faire du bien ou du mal. Il faut beaucoup de temps et de pratique pour développer cette compétence. Comme le raisonnement clinique, qui exige de l’éducation, de la pratique et de l’expérience, devenir un praticien en santé mondiale compétent exige de développer des compétences essentielles adaptées au travail dans des pays dont les ressources sont limitées ou dans des communautés défavorisées. Les professionnels qui choisissent de développer ces compétences se retrouveront à considérer les choses dans l’optique de la justice sociale et des principes de la santé publique.
 

La raison pour laquelle ceci constitue le point de départ est qu’il n’y a pas de méthode éprouvée de devenir un professionnel de la santé mondiale. Après avoir discuté avec d’innombrables personnes au cours de mes voyages, il s’est avéré que chaque histoire est unique et différente. Ceux qui travaillaient à apporter des changements durables ont maintenu un lien constant avec les communautés hôtes en s’y rendant régulièrement ou en travaillant au même endroit pendant plus d’un an. Cet engagement prolongé les a amenés à voir au-delà des résultats et des mesures des patients et à chercher à se comprendre eux-mêmes et les autres. En fin de compte, l’élément commun aux diverses histoires était l’humilité, l’introspection, la solidarité et la justice sociale.
 

Lorsque vous êtes à l’étranger, votre environnement est instable et change constamment. Vous irez au bout de vous-même pour vous adapter aux changements auxquels vous vous êtes soumis. Pour réussir à surmonter ce changement radical de ce qui nous est familier, on doit être prêt à explorer et à comprendre ce que l’on ressent et pourquoi. Je crois que les physiothérapeutes bien placés pour affronter ces défis. Les physiothérapeutes ont un don naturel pour les bonnes manières et l’ingéniosité et sont de grands passionnés. Comme étudiante et professionnelle, au pays et à l’étranger, j’ai vu mes instructeurs cliniques défendre les intérêts des patients en offrant des solutions à des situations complexes limitées par des questions socioéconomiques et des déficits dans le système de santé. Nous avons une vision globale des choses et avons la capacité de comprendre le monde qui nous entoure et les gens qui y vivent. Nous nous préoccupons du bien-être de nos patients, contribuant ainsi à développer une collectivité pleine de compassion. Même si les traits inhérents mentionnés plus haut constituent les graines, ils constituent aussi un ensemble de compétences et de pratiques qui peuvent être enseignées et développées grâce à une formation et un mentorat appropriés.
 

La division de santé mondiale de l’Association canadienne de physiothérapie offrira sur la Place du marché du PP un cours en ligne qui fera ressortir ces traits chez des physiothérapeutes désirant travailler dans la santé mondiale. L’étude de la santé mondiale, la compréhension du handicap et de son importance dans les objectifs de développement durable, la théorie postcoloniale, le pouvoir, le privilège et la compétence culturelle compteront parmi les sujets abordés. Le cours abordera aussi d’autres sujets importants comme le tourisme médical et la manière d’éviter ces écueils en apprenant comment évaluer le bénévolat et les organisations non gouvernementales. L’objectif de ces sujets est de développer les compétences essentielles décrites par Cassidy et ses collègues pour les physiothérapeutes qui travaillent dans des milieux dont les ressources sont limitées1. Il y a actuellement un manque dans la formation normalisée offerte aux physiothérapeutes canadiens qui prévoient travailler à l’étranger. En tant que professionnel en santé mondiale naissant, ce cours se veut une amorce pour développer un esprit critique envers vos interactions avec les autres. Il jettera les bases pour vos expériences à l’étranger. Nous espérons contribuer à la communauté mondiale en enseignant à nos physiothérapeutes comment exercer la profession à l’étranger de façon éthique. Cependant, il n’est pas nécessaire que le changement commence à se faire à l’étranger.
 

Inscrivez-vous dès aujourd’hui en cliquant sur ce lien pour être parmi les premiers à en savoir plus sur ce cours en ligne.
 

La santé mondiale commence à la maison, c’est-à-dire avec vous-même, vos patients, votre communauté et votre pays. De nombreuses populations qui nécessitent notre attention au Canada font face à des inégalités. Je n’essaie pas de vous décourager d’aller travailler à l’étranger. Je veux simplement souligner qu’on peut parfois faire une grande différence avec les ressources dont on dispose ici au pays. Travailler avec les populations défavorisées au Canada nous aide aussi à nous préparer aux expériences que l’on pourrait vivre à l’étranger et nous permet de développer nos compétences en santé mondiale. Il est possible de transférer plusieurs de ces compétences entre les diverses populations avec lesquelles nous avons la chance de travailler au Canada.  
 

L’importance de la formation en physiothérapie pour outiller les physiothérapeutes ne change pas de l’autre côté de la frontière. La formation dans l’exercice de la physiothérapie est essentielle afin de stimuler les traits inhérents qui permettent aux professionnels de s’épanouir dans leur pratique. Comme toutes les professions dans le domaine de la santé, la physiothérapie repose sur ses cliniciens pour la transmission des connaissances. Les instructeurs cliniques, les éducateurs en physiothérapie et les mentors jouent tous un rôle très important dans l’avenir de la physiothérapie. La physiothérapie est un cadeau. Même si nous recevons une compensation pour notre travail, on assiste à un bel échange entre les patients et nos collègues. Nous nous transmettons des connaissances, nous motivons mutuellement et nous nous donnons du temps pour notre croissance personnelle et le développement de notre personnalité.
 

Le cours en ligne n’est pas tout à fait prêt, mais vous serez parmi les premiers à savoir lorsqu’il le sera si vous cliquez sur ce lien et que vous entrez vos renseignements personnels!

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Par Corey Kim