Retour à tous

Ce que nous avons appris sur la douleur

Debbie Patterson et Geoff Bostick

 

Je m’appelle Geoff. Je suis un professeur adjoint responsable de la formation à l’université de l'Alberta au département de physiothérapie. Je me passionne pour la gestion et l’étude de la douleur depuis l’obtention de mon diplôme de l’école de physiothérapie en 2001. Cela m’a amené à occuper le poste de président de la division science de la douleur de l’Association canadienne de physiothérapie dans laquelle nous sommes déterminés à soutenir le perfectionnement professionnel de plusieurs façons, dont le programme en ligne de formation continue. 
 

Et je m’appelle Debbie. Je suis une physiothérapeute agréée en Ontario et en Alberta. Comme Geoff, je me passionne pour la douleur chronique. Cette passion m’a menée à un réseau de gens ayant des perspectives similaires comme Dave Walton, Neil Pearson, Diane Jacobs et Leslie Singer. Ensemble, nous avons travaillé pour établir la division science de la douleur de l’Association canadienne de physiothérapie. Je cherche à (et suis parfois animée par un désir profond) accompagner les gens qui vivent avec la douleur. Je crois qu’ils méritent de comprendre l’espoir que la science offre de pouvoir changer leur douleur et d’améliorer leur qualité de vie.    
  

Voici un blogue portant sur ce que nous avons appris sur la douleur chronique et la pratique de la physiothérapie et sur comment nous pouvons améliorer la qualité de vie de nos patients. Nous espérons sincèrement que vous allez retirer au moins une leçon de ce blogue et qu’il vous sera utile dans la croissance ou la contribution de votre pratique.     

 

Quelle est la plus grande leçon de votre carrière?
 

Geoff:

Il y a de l’élégance dans la simplicité et de la simplicité dans l’élégance.

J’ai entendu cette phrase la première fois dans un cours de doctorat dans l’examen théorique et ça m’a particulièrement touché. Chaque jour, nous faisons face à des problèmes complexes. Il est tout à fait naturel de chercher à résoudre ces problèmes avec des solutions complexes. Selon mon expérience, la résolution de problèmes complexes implique souvent une approche simple. Pensez par exemple à votre cas clinique le plus complexe de gestion de la douleur. La solution commence presque toujours par de l’écoute active, de l’empathie, une meilleure compréhension de la douleur et de l’aide apportée aux gens pour qu’ils soient plus actifs. Ce sont des compétences de base et elles ne requièrent aucun perfectionnement professionnel spécialisé. Je crois que cette perspective m’incite à aider les gens avec de la douleur. En effet, chaque expert clinique dans le domaine de la douleur à qui vous parlez soulignera l’importance d’attributs comme l’empathie. Les racines de notre profession sont au cœur de bons soins de la douleur : l’écoute, l’empathie, l’amélioration de la compréhension et de la mobilité. Avec toute la technologie qui est à notre disposition, j’ai senti qu’on dérivait un peu de toutes ces valeurs fondamentales et ma passion pour la douleur m’a aidée à renouer avec les racines de notre profession.

 

Debbie:

On dirait que le besoin d’apprendre à être authentique est ma continuelle leçon de vie, laquelle je sais sera une quête sans fin.

Cela signifie d’accepter chaque jour qui je suis et ça comprend autant mes faiblesses et mes échecs que mes dons et mes passions. J’ai réalisé que ça me demande du courage, pas seulement en tant que physiothérapeute, mais aussi en tant que personne.
 

En écoutant mes patients souffrant de douleur chronique, je me rappelle constamment de l’incroyable courage dont ils ont doivent faire preuve pour passer au travers de chaque journée malgré la douleur, les peurs et les angoisses quant à la façon de réussir à passer au travers, non seulement de cette journée, mais au travers de toutes les journées à venir également. Tout comme Geoff, je crois que l’écoute, l’empathie et la compassion sont d’une grande importance.
 

En tant que physiothérapeute orthopédique, j’ai suivi de nombreux cours de troisième cycle de thérapie manuelle, qui sont importants pour l’évolution de ma carrière. Quand je me suis rendu compte que ma passion était la douleur chronique, j’ai été attirée par un type de formation continue différent qui a mis en lumière mon désir d’apprendre à écouter, d’être capable de manifester de l’empathie et d’exprimer un sincère sentiment de compassion. Il fallait que j’apprenne à devenir plus authentique pour avoir de la crédibilité auprès de mes patients. Tout ceci, en plus de l’expérience de l’utilisation de l’éducation, du mouvement et du fonctionnement pour atténuer la douleur m’a permis de contribuer au bien-être des gens que je traite.  

 

Quelle autre leçon avez-vous apprise?

 

Geoff:

J’ai appris de mes nombreux échecs en pratique clinique.
 

Je dirais que le thème qui englobe ces échecs est quand j’ai été démesurément passionné par les nouvelles informations. Le perfectionnement professionnel a toujours occupé une place importante dans ma carrière. Je me suis souvent senti revigoré après avoir participé à un cours ou après avoir lu un nouvel article. J’ai toujours cherché à intégrer de nouvelles idées dans ma pratique. Je regrette de ne pas avoir accordé plus d’attention à ce que les souffrants avaient à offrir.  
 

Avant, j’étais très à l’aise dans le rôle de l’expert et je n’y ai pas assez renoncé en le confiant à ceux qui vivent avec la douleur. À la réflexion, c’est probablement pour cette raison que certaines des nouvelles idées qui m’emballaient n’ont pas fonctionné. Je n’ai pas réussi à les personnaliser suffisamment, parce que je n’essayais pas assez d’apprendre de la personne vivant avec la douleur. Les lecteurs se disent peut-être que le fait de présenter un trop plein d’enthousiasme envers le perfectionnement professionnel comme un échec est un peu ironique puisque ce blogue vise à promouvoir la formation professionnelle continue en ligne par l’entremise de la division science de la douleur de l’ACP. Cependant, ce n’est pas le fait de suivre une formation continue qui constituait un problème, c’était de ne pas profiter de l’expérience des personnes souffrantes sur la façon de rendre une nouvelle idée significative pour elles.      

 

Debbie:

Il semble que partager ce que j’ai appris au sujet de la science de la douleur et des gens qui vivent avec la douleur chronique me passionne aussi. Je voulais partager ces nouvelles connaissances avec d’autres physiothérapeutes. Je voulais les encourager à élargir leur approche thérapeutique en passant d’une approche dans laquelle seuls les problèmes biomécaniques sont la cause de la douleur du patient plutôt que de considérer le patient dans son ensemble, c’est-à-dire une personne avec des pensées et des croyances, des émotions et des attitudes, des amis et de la famille, des objectifs de vie et des intérêts, le tout semblant miraculeusement influencer leur perception de la douleur. Je voulais qu’ils comprennent que la science consistait en un voyage qui permet de relier ces points et de fournir des preuves crédibles de cette vérité.     
 

C’est pour cette raison que j’ai commencé à donner des cours de formation en science de la douleur. J’ai pensé que si je pouvais partager mes connaissances et mon expérience, plus de personnes vivant avec la douleur pourraient être traitées par des physiothérapeutes compétents.
 

Même si les cours traditionnels (en classe) présentent plusieurs avantages, l’utilisation de la technologie pour donner de l’information et partager l’expérience de mes patients semblait être la prochaine étape logique. Je suis une baby-boomer et je dois admettre que la technologie m’a intimidée pendant de nombreuses années. Toutefois, j’ai appris et adopté les possibilités qu’elle offrait et je vois maintenant beaucoup d’avantages à l’apprentissage en ligne. En tant que membre de la division science de la douleur, c’est pour moi un honneur de contribuer à la formation en ligne. 
     

Depuis plus d’une décennie, j’utilise la technologie dans le domaine de la téléréadaptation. J’offre des traitements en ligne en utilisant une plate-forme sécurisée et cryptée. Cela me donne un accès incroyable aux personnes vivant avec la douleur partout en Ontario et en Alberta.

 

Quelle conseil vous donneriez-vous à 24 ans?

 

Geoff:

Le conseil que je me donnerais comme jeune diplômé de 24 ans serait d’être d’abord plus intentionnel et réfléchi par rapport au perfectionnement professionnel. Ce serait ensuite de suivre un cours axé sur une autoréflexion relativement à une lacune perçue dans les connaissances ou les compétences. Enfin, ce serait de partager les nouvelles idées avec des personnes vivant avec la douleur et leur demander leur point de vue une fois le cours terminé. Je crois que ce processus m’aurait davantage aidé à donner un sens aux nouvelles idées et, plus important encore, il m’aurait aidé à comprendre de quelle façon il peut ou peut ne pas être significatif pour les personnes vivant avec la douleur. L’accès à la formation continue en ligne aide vraiment à faciliter ce processus. Les cours en ligne sont accessibles et donc disponibles pour aider à répondre aux besoins d’apprentissage quand ils se manifestent.   

 

Debbie:

Le conseil que je me donnerais à 67 ans et plus, ce serait de continuer à être passionnée. À ce stade-ci de ma vie, cela signifie suivre des cours en ligne sur tout sujet qui pourrait aider les autres. Je ne suis pas prête à prendre ma retraite. En tant que physiothérapeute travaillant avec des personnes vivant avec la douleur, j’ai un ministère, un but. Cependant, cela signifie aussi avoir du plaisir. Je suis toujours à la recherche de l’équilibre entre mes objectifs professionnels et mes objectifs personnels. J’essaie de trouver l’équilibre qui me permettra de rester en forme et en santé, d’apprécier les activités comme la randonnée, le vélo, le ski, les jeux et les rires avec mes petits-enfants. Cela signifie d’exprimer de la gratitude et de la joie chaque jour.

 

Je crois que ce conseil s’applique peu importe l’âge.

 

Vous voulez en savoir plus sur Debbie et Geoff? Cliquez ici pour suivre leur cours en ligne, Pain Education: Theory & Practice.

 

Visitez la place du marché du pp