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La Journée mondiale de la physiothérapie est axée sur le rôle de la physiothérapie dans la gestion de la douleur chronique

Par Kyle Vader, PT, MScPT

La Journée mondiale de la physiothérapie, organisée par la Confédération mondiale pour la thérapie physique (WCPT), a lieu le 8 septembre chaque année. L'année dernière, la Journée mondiale de la physiothérapie portrait sur le rôle de la physiothérapie et de l'activité physique dans la santé mentale. Cette année, le thème de la Journée mondiale de la physiothérapie sera la douleur chronique. Fécilitations spéciales à la physiothérapeute canadienne Dre Lisa Carlesso, professeure adjointe à l’Université McMaster, qui a apporté son expertise en matière de contenu pour faire des documents de la boîte à outils de la Journée mondiale de la physiothérapie un succès!

Cette année, la campagne souligne les messages clés suivants : 

  1. La thérapie par l’exercice figure dans toutes les lignes directrices pour le traitement de la douleur chronique
  2. Le cerveau joue un rôle important dans la douleur chronique
  3. Il est important de dissiper les mythes associés à la douleur chronique
  4. L’exercice est bénéfique et les physiothérapeutes jouent un rôle important dans l’élaboration d’activités et de programmes d’exercice axés sur le patient
  5. les physiothérapeutes aident les personnes souffrant de douleur chronique à acquérir les compétences dont elles ont besoin pour gérer et contrôler leur état de santé

Vous pouvez trouver plus d’information et des documents promotionnels sur la Journée mondiale de la physiothérapie en cliquant ici.

Bien que la Journée mondiale de la physiothérapie soit une initiative mondiale, ce blogue shoPTalk visera à fournir un aperçu général du paysage actuel de la recherche sur la douleur chronique et des soins cliniques dans le domaine, avec une attention particulière sur le contexte canadien. On ne peut faire autrement que constater qu’il s’agit d’une période emballante pour la recherche sur la douleur et les soins au Canada, que l’on pense à l’annonce du groupe de travail canadien sur la douleur, aux récents succès des chercheurs en physiothérapie et en douleur dans le financement de la recherche, aux changements aux codes CIM-11pour la douleur chronique ou à la plus grande reconnaissance de l’importance d’un meilleur accès et d’un meilleur financement des soins de la douleur chronique, y compris un meilleur accès à des services fondés sur des données probantes qui ne sont habituellement pas couverts par le système de santé public tels les soins fournis par les physiothérapeutes.

En avril dernier, à la 40e réunion scientifique annuelle de la Société canadienne de la douleur, l’honorable Ginette Petitpas Taylor, ministre de la Santé, a annoncé la création d’un groupe de travail canadien sur la douleur. Coprésidé par la Dre Fiona Campbell (anesthésiste pédiatrique et présidente de la Société canadienne de la douleur) et Maria Hudspith (directrice générale de Pain BC), le groupe de travail canadien sur la douleur cherche à mieux comprendre et répondre aux besoins des Canadiens et des Canadiennes qui souffrent de douleur chronique. Vous pouvez lire le premier des trois rapports publiés par le groupe de travail en cliquant ici. Vous pouvez suivre les mises à jour du travail réalisé par le groupe de travail en utilisant le mot-clic #CanadianPainTaskForce sur Twitter et sur les autres plateformes de réseaux sociaux. Fait à souligner, Melissa Anderson, chef des services de représentation de l’Association canadienne de physiothérapie, est un des principaux membres de ce groupe de travail.

Au cours des derniers mois et des dernières années, des chercheurs canadiens en physiothérapie ont connu d’éclatantes réussites dans le domaine de la douleur. Par exemple, le Dr Jordan Miller (professeur adjoint à l’Université Queen’s et un ancien président de la division science de la douleur) a récemment reçu une subvention de projet des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) évaluée à plus de 1,4 million de dollars pour étudier l’impact d’un modèle de soins primaires pour les douleurs au dos dirigé par un physiothérapeute. Le Dr Joy MacDermid (professeur à l’Université Western et à l’Université McMaster) a aussi reçu une subvention Fondation des IRSC évaluée à plus de 1,3 million de dollars pour tester les innovations dans l’évaluation et la gestion de troubles musculo-squelettiques, de douleur et d’arthrite. Les Drs Dave Walton et Joy MacDermid sont parmi les membres principaux du Réseau de douleur chronique financé par les IRSC, une initiative appuyée par la Stratégie de recherche axée sur le patient dans les maladies chroniques, évaluée à près de 12,5 millions de dollars sur 5 ans. Les stagiaires de recherche ont aussi connu des réussites, y compris le Dr Simon Décary, un chercheur postdoctoral à l’Université Laval, qui a récemment reçu une prestigieuse bourse Banting des IRSC pour appuyer sa recherche sur le partage de la prise de décisions afin de promouvoir la gestion de bonne qualité des soins primaires pour les troubles musculo-squelettiques. Ceci n’est pas une liste exhaustive, bien qu’il soit évident que les chercheurs en physiothérapie contribuent à des progrès scientifiques dans le domaine de la douleur chronique au Canada (et à l’étranger).

Plus tôt cette année, l’Association internationale pour l’étude de la douleur a publié un nouveau système de classification pour la Classification internationale des maladies (CIM-11). Il convient de noter que la douleur chronique est maintenant un code parent pour sept autres états de douleur chronique courants, y compris :

  • douleur chronique primaire
  • douleur chronique liée au cancer
  • douleur chronique postopératoire ou douleur post-traumatique chronique
  • douleur neuropathique chronique
  • maux de tête secondaires chroniques ou douleur buccofaciale chronique
  • douleur viscérale secondaire chronique 
  • douleur musculo-squelettique secondaire chronique

Un élément clé de ce nouveau système de classification CIM-11 est que la douleur chronique peut être classée comme étant primaire ou secondaire, en vertu de quoi la douleur chronique peut être une maladie en elle-même. Vous pouvez trouver des renseignements précis sur ce nouveau système de classification dans une édition de PAIN, la revue de l’Association internationale pour l’étude de la douleur, en cliquant ici (en anglais seulement).

Finalement, un rapport récent réalisé par l’Institut Angus Reid et intitulé Canadians in Chronic Pain: Cost, access to treatment pose significant barriers for those suffering the most, a mis en évidence des données importantes sur le manque d’accès aux traitements pour les personnes souffrant de douleur chronique au Canada. Un message clé de ce rapport était que les « Canadiens et les Canadiennes sont presque unanimes (92 %) pour affirmer que les personnes qui vivent avec la douleur devraient avoir accès à un traitement de la douleur qui fonctionne pour elles, peu importe leur revenu. » En particulier, le rapport conclut que « les deux tiers (66 %) des personnes dans le groupe de douleur modérée et les trois quarts (75 %) des personnes dans le groupe douleur intense croient que la douleur aurait diminué aujourd’hui si elles avaient les moyens de payer pour davantage de traitements offerts ». Il est clair que nous, en tant que physiothérapeutes, devons nous battre pour améliorer l’accès aux soins pour les personnes souffrant de douleur chronique. Vous pouvez consulter le rapport complet en cliquant ici (en anglais seulement).

Si vous désirez en apprendre plus sur la douleur chronique, envisagez de devenir membre de la division science de la douleur de l’Association canadienne de physiothérapie et de participer à la 3rd Pain Unconference qui se tiendra à Montréal le 28 septembre 2019 (Inscrivez-vous en cliquant ici - en anglais seulement). Si vous cherchez un réseau plus étendu de cliniciens et de chercheurs interprofessionnels au Canada, vous pourriez aussi envisager de devenir membre de la Société canadienne de la douleur, la section canadienne de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (pour en savoir plus, clliquez ici - en anglais seulement).

 

Bio: Kyle Vader est physiothérapeute dans une clinique interprofessionnelle spécialisée en douleur chronique au Centre des sciences de la santé de Kingston et étudiant au doctorat en sciences de la réadaptation à l’Université Queen’s. Ses intérêts cliniques et de recherche portent sur la douleur, les soins de première ligne et l’application des connaissances. Kyle est très actif au sein de sa communauté. Il assume actuellement la fonction de président de district du Quinte-St. Lawrence District de l’Ontario Physiotherapy Association de même que représentant des stagiaires au sein du Leadership Team de la Société canadienne de la douleur. Vouz pouvez le joindre par courriel à kyle.vader@queensu.ca ou sur Twitter (@vader_kyle).

 

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