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Pierre-Yves Lauzon, PRT

Aujourd’hui, je profite de la tribune qui m’est offerte afin de vous présenter ma profession, celle de thérapeute en réadaptation physique (TRP) puisque cette profession est encore bien peu connue de la population générale et du monde médical.

Le TRP est un professionnel de la santé qui travaille dans le domaine de la physiothérapie au Québec. Il y a donc deux professions (les physiothérapeutes et les TRP) qui font partie du même ordre professionnel: l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ). À ce jour, il y a environ 2500 TRP qui travaillent dans le système de santé publique (hôpitaux, centre d’hébergement et de soins de longue durée, centre de réadaptation, etc.) et dans des cliniques privées de physiothérapie.

Pour devenir TRP, l’étudiant doit tout d’abord réussir son diplôme d’étude collégiale en Techniques de physiothérapie d’une durée de trois ans dans l’un des 8 Cégeps offrant ce programme dans la province de Québec puis dans un deuxième temps, être membre de l’OPPQ. Le salaire horaire du TRP varie entre 22,83$ et 31,25$.

Au quotidien, le TRP travaille avec une clientèle d’âge variable présentant plusieurs types de conditions affectant les systèmes neurologiques, musculo-squelettiques ou cardiorespiratoires. Dans ma pratique privée, je traite des patients accidentés du travail ou de la route, en condition postopératoire ou souffrant d’une blessure sportive. L’objectif principal est de permettre au patient de retrouver le plus rapidement possible ses capacités fonctionnelles pour effectuer ses activités de la vie quotidienne.

Pour prendre en charge un patient, le TRP doit respecter les règlements du code de déontologie des physiothérapeutes et des thérapeutes en réadaptation physique : 1) le patient doit préalablement avoir été évalué par un physiothérapeute ou par un médecin et 2) posséder un diagnostic non limité aux symptômes. Les physiothérapeutes ont quant à eux la possibilité d’évaluer le patient en accès direct sans prescription médicale.

Lorsque le diagnostic est émis et que le plan de traitement est déterminé, le TRP emploi une variété de modalités thérapeutiques telles des techniques manuelles (massages, mobilisations accessoires, etc.), des exercices, de l’électrothérapie, de l’hydrothérapie et de la thermothérapie pour traiter les problématiques. Il corrige leurs mauvaises postures et biomécaniques et les guide pour améliorer leur condition de vie. Le TRP peut aussi offrir de la formation continue et enseigner aux étudiants en Techniques de physiothérapie. Effectivement, depuis l’hiver dernier l’appellation du programme a été modifiée pour Techniques de physiothérapie au lieu de Techniques en réadaptation physique afin de faciliter la reconnaissance de la profession des TRP.

Le TRP a donc droit à une prise en charge complète du patient lorsque les règles sont respectées et bien utilisées. Dans mon milieu clinique, physiothérapeutes et TRP travaillent en intradisciplinarité. En effet, les trois physiothérapeutes procèdent aux évaluations initiales des patients et transfèrent aux deux TRP les dossiers qu’ils peuvent prendre en charge. Le patient reçoit donc les meilleurs soins et le physiothérapeute demeure informé du déroulement du plan de traitement au quotidien. Notre modèle de travail nous permet même de développer des projets novateurs comme celui sur l’isocinétisme.

La différence

Quel est la différence entre les physiothérapeutes et les TRP? Principalement, c’est surtout dans l’accès direct de prise en charge d’un patient comme expliqué ci-haut et concernant les activités réservés  aux membres de la physiothérapie. Les physiothérapeutes peuvent par exemple introduire un instrument ou un doigt dans les corps humain au-delà des grandes lèvres, de la marge de l’anus, du pharynx ou du vestibule nasal, utiliser des aiguilles sous le derme ou de procéder à des manipulations après avoir reçu une formation spécifique. Quant à eux, les TRP ont comme activités réservées: l’utilisation des formes d’énergie invasives et le droit de prodiguer des traitements reliés aux plaies. Ils peuvent donc faire le même traitement de physiothérapie sauf dans des cas plus spécifiques (traitement du plancher pelvien ou de la mâchoire par exemple).

Une autre question qui m’est souvent posée est pourquoi le physiothérapeute réfèrerait un patient au TRP au lieu de le traiter lui-même? C’est simple. C’est pour maximiser les soins au patient! Le physiothérapeute peut donc dans certains cas exercer dans sa pratique plus spécifique et traiter les cas plus complexes. Le champ d’exercice de la physiothérapie est donc maximisé. Cela fait déjà plusieurs années que les physiothérapeutes et TRP travaillent en collaboration dans le système de la santé québécois.

Concernant les formations continues, certaines sont offertes spécifiquement aux TRP. Ils ont donc la possibilité de développer des expertises dans des domaines précis. De cette façon, les professionnels de la physiothérapie acquièrent des connaissances différentes ce qui permet d’élargir la gamme de services offerts à la clientèle. Tous les membres de l’OPPQ ont comme obligation d’effectuer 15 heures de formations continues par année.

En plus de mon travail de clinicien, j’œuvre aussi comme premier répondant sportif lors d’événements et comme thérapeute de l’équipe de football du Cégep de Sherbrooke, en collaboration avec mes collègues physiothérapeutes. Notre profession nous permet donc de toucher à plusieurs domaines tels les premiers soins, le traitement et le suivi lors du retour au jeu. Les TRP ont aussi leur place dans la prévention et la promotion de la santé. À titre d’exemple, depuis maintenant un an, j’opère une page Facebook professionnelle me permettant de diffuser de l’information pertinente concernant le vaste domaine de la physiothérapie.

En guise de conclusion, être un TRP, ce n’est pas seulement traiter des patients, c’est aussi de superviser des stagiaires en Techniques de physiothérapie, de donner des conférences à la population générale, d’offrir de la formation continue aux professionnels de la physiothérapie et de s’impliquer dans les travaux de l’OPPQ et j’en passe.

Pierre-Yves Lauzon est thérapeute en réadaptation physique (TRP) gradué du Cégep de Sherbrooke depuis 2009. Actuellement, il travaille à la clinique de physiothérapie du Cégep de Sherbrooke, s’implique comme administrateur sur le conseil d’administration de l’OPPQ, est récipiendaire d’une subvention de stage en recherche clinique octroyée par l’OPPQ et offrira prochainement une formation continue sur l’utilisation de l’isocinétisme en réadaptation.

Page Facebook professionnelle :https://www.facebook.com/pierreyveslauzontrp

Comments

Bonjour Pierre-Yves, je me demandais si en CHSLD, il peut y avoir que des trp qui font des évaluations?  Dans le milieu où je travaille il n'y a pas de physiothérapeute seulement que 3 trp et je me demandais si c'était légal?

La trp m'a dit qu'elle ne pouvait pas faire d'évaluation mais peut faire une cueillette de données évaluative?  quelle est la différence?  et dans la majorité des notes trp il y a des analyses, est-ce légal?  Pour moi, une analyse c'est le résultat de l'évaluation.

Je me demandais quel était le rôle de la trp en CHSLD qui reçoit une requête disant  par exemple : transferts difficiles évaluer svp?

Merci

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