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Kerry Kittson, PT

 

Kerry Kittson, P.T. et coordonnatrice, pratique et politiques, Association canadienne de physiothérapie

 

Les soins aux patients vont au-delà des compétences cliniques. Ils touchent un aspect tout naturel pour la plupart des physiothérapeutes : la communication. En effet, les études révèlent qu’il existe une corrélation étroite entre les aptitudes à communiquer d’un professionnel de la santé et la propension du patient à suivre les recommandations médicales, à prendre en charge sa maladie chronique et à adopter des comportements préventifs (article en anglais).

Nous sommes nombreux à avoir vécu des moments où la communication avec un patient, un assistant-physiothérapeute ou un autre membre de l’équipe aurait pu être meilleure. La question qui se pose est la suivante : comment une réflexion sur la communication peut-elle vous pousser à améliorer votre pratique?

 

L’importance de la communication

Je vous raconterai une expérience que j’ai faite à titre de nouvelle diplômée. Je traitais une patiente en clinique privée – que nous appellerons Natalie – pour douleurs lombaires persistantes.

Natalie s’était présentée avec une hypermobilité lombaire et une faiblesse du tronc. Nous avons travaillé ensemble assidûment pendant près de six mois pour renforcer son tronc et les muscles avoisinants.

Très motivée, Natalie s’appliquait à ses exercices chez elle et lors de ses visites en clinique. Lorsque les exercices lui semblaient plus faciles à faire, elle passait allègrement à un niveau de difficulté supérieur.

Plus de force, autant de douleur
Bien que gagnant en force, Natalie ressentait toujours beaucoup de douleur au bas du dos. L’absence d’amélioration n’était aucunement due à un manque d’adhésion à son programme d’exercices. En réfléchissant à la suite des choses, j’ai réalisé que depuis des mois, nous avions renforcé le tronc, le dos et le fessier sans nous occuper du plancher pelvien. La réponse se trouvait peut-être là?

J’ai expliqué à Natalie qu’il était possible que la douleur persistante était causée par la faiblesse des muscles de son plancher pelvien. Je lui ai recommandé de se faire évaluer par un confrère de confiance, spécialisé en physiothérapie périnéale.

Mon raisonnement était le suivant : s’il ne s’agissait pas de faiblesse du plancher pelvien, je pouvais écarter cette hypothèse; si les muscles du plancher pelvien étaient effectivement faibles, Natalie serait alors en de bonnes mains.

Natalie a pris rendez-vous pour son évaluation, et j’ai préparé un résumé de deux pages qu’elle remettrait à mon confrère. Dans le tourbillon de la clinique, j’ai brièvement expliqué à Natalie qu’elle allait devoir se déshabiller aux fins de l’évaluation de la région pelvienne.

Elle paraissait nerveuse, mais je l’ai rassurée en lui disant que mon confrère était un professionnel et qu’il la mettrait à l’aise.

 

Le chaînon manquant

La semaine suivante, Natalie est revenue à la clinique pour le suivi. J’étais impatiente de parler avec elle des résultats de son évaluation du plancher pelvien.

D’entrée de jeu, elle me dit avoir été surprise d’apprendre que le physiothérapeute devait faire un examen interne, ce dont elle ne se doutait absolument pas.

Immédiatement, je suis rendu compte que j’aurais dû être plus explicite. Je n’étais pas certaine si un examen interne était réalisé dès le premier rendez-vous, mais j’aurais tout de même dû informer Natalie que c’était une possibilité. Cette omission s’explique en partie par mon manque de connaissances en physiothérapie périnéale à titre de nouvelle diplômée. En conséquence, Natalie n’avait pas eu l’occasion de se préparer mentalement à un examen de nature très personnelle.

Je me suis confondu en excuses. Heureusement, Natalie m’a assuré que le physiothérapeute s’était conduit avec le plus grand professionnalisme et que tout avait bien été. Avec le recul, je conclus que j’aurais dû demander à mon collègue, avant l’évaluation, si l’examen interne avec consentement de la patiente faisait habituellement partie de l’évaluation du plancher pelvien.  J’ai su par la suite que l’évaluation sans examen interne est comparable à une évaluation orthopédique par-dessus les vêtements – ce n’est pas l’idéal.

Je crois toutefois que la capacité de présenter des excuses est une qualité en soi. Imaginez comment Natalie se serait sentie si je lui avais dit quelque chose comme : « J’ai dû te prévenir que cet examen pourrait avoir lieu, de toute manière il n’y a rien là… ».

Faire des excuses peut ouvrir la voie à une confiance renouvelée du patient à votre endroit. Vous lui montrez ainsi que vous êtes humain et que, même si vous faites tout en votre pouvoir, il est possible que vous omettiez de lui communiquer certains renseignements.

La communication au cœur des soins

Ce que je retire de cette leçon d’humilité, c’est que la communication doit être au cœur des soins que nous prodiguons aux patients.

Je vous conseille vivement de prendre le temps de vous assurer que vos patients disposent bien de l’intégralité de l’information dont ils ont besoin au sujet de leur traitement.

Une bonne communication entre autres qualités humaines favorise la confiance du patient et est sans doute aussi importante que les compétences cliniques. Car si un patient n’a pas confiance en vous, il ne réalisera probablement pas les objectifs du traitement.

À ce sujet, je vous recommande l’article de Physiopedia intitulé « Effective communication techniques ».

La parole est à vous
Lorsque vous racontez vos expériences à vos pairs, vous les aidez dans leur apprentissage et leur amélioration continue. Nous vous invitons à prendre quelques minutes pour nous dire…

  1. Quels problèmes de communication avez-vous déjà eus avec vos patients?

  2. Quels sont vos conseils pour assurer une communication ouverte avec les patients?

  3. Quels articles ou anecdotes ont contribué à améliorer vos aptitudes à communiquer?

 

Suivez Kerry sur Twitter : @CPA_Kerry

 

Comments

Merci Kerry!

Merci beaucoup, Kerry!

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