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REP 10 - Défendre la physiothérapie dans le traitement du cancer : sommes-nous prêts?

Margaret McNeely

Histoire… Un homme de 61 ans souffrant de cancer oropharyngien traité par la chirurgie et la radiothérapie.

« La chirurgie et la radiothérapie ont été très importantes… Éliminer le cancer était important pour eux. Cependant, j’ai pensé que je n’allais jamais récupérer, que je ne serais plus jamais le même. Traiter le cancer n’est que la moitié de la bataille, la rémission constitue le nerf de la guerre.
 

C’est ce programme de réadaptation qui a fait toute la différence pour moi. J’ai vraiment retrouvé l’homme que j’étais avant… mon état de santé physique, mes épaules, mes bras et mon cou. Je me sens bien et c’est uniquement grâce à ce rigoureux programme (de réadaptation) qui a été si bien conçu... à travers toutes les étapes du traitement et de la rémission ». 

 

Qui est touché par le cancer? 

Deux Canadiens sur cinq vont développer le cancer pendant leur vie.1
 

Le risque de développer un cancer augmente considérablement avec l’âge et la population vieillit. On constate donc un nombre croissant de Canadiens recevant un diagnostic de cancer alors que, dans un même temps, le taux de survie global s’améliore.1
 

Même si le cancer se développe plus fréquemment chez les personnes âgées, il peut se développer à tout âge. On a récemment accordé de l’attention à la nécessité de surveiller les effets tardifs du cancer chez les survivants du cancer infantile2, de même que les questions distinctes de survie des adolescents et des jeunes adultes atteints de cancer, un groupe souvent mal desservi par les pratiques pédiatrique et oncologique adulte.3

 

Quel est le problème?

Le Partenariat canadien contre le cancer a publié un document intitulé « Vivre avec le cancer : Rapport sur l’expérience du patient ».4 Dans ce rapport, des survivants du cancer ont partagé leur expérience pour ce qui est de composer avec les effets physiques et émotionnels du cancer et ses traitements et ont mis en évidence le manque de soutien et de services pour répondre à leurs besoins.
 

Les conséquences du cancer et de ses traitements comprennent des déficiences physiques comme la fatigue liée au cancer, la neuropathie périphérique, le lymphœdème, la dyspnée et l’incontinence et les besoins des survivants sont souvent complexes.5 Chez les survivants, ceci peut être reflété par un changement ou l’obligation de renoncer à leur emploi ou à des activités récréatives.

 

Comment la physiothérapie peut aider?

La réadaptation après un cancer va au-delà de la promotion de l’exercice et de l’activité physique. Les interventions englobent toute la gamme des domaines de la physiothérapie, y compris les domaines musculosquelettique, neurologique, cardiopulmonaire et de la douleur chronique. Les résultats de recherche confirment l’effet bénéfique des soins spécialisés en physiothérapie pour prévenir, minimiser et remédier aux nombreuses déficiences physiques qui touchent les survivants.6 À ce jour, une grande partie de ces résultats proviennent du Canada. Les conclusions sont donc pertinentes pour notre système de santé et nos lieux de pratique.

 

Comment peut-on répondre à ce besoin émergent? 

En tant que physiothérapeutes, nous avons la chance de promouvoir la valeur de notre profession dans la survie et la réadaptation après un cancer. Encore plus important, nous avons les compétences pour aider les survivants à se remettre des traitements du cancer et optimiser leur capacité fonctionnelle et leur indépendance. De plus, nous pouvons jouer un rôle majeur dans le soin des survivants, du diagnostic, tout au long du traitement, jusqu’à la fin de vie.
 

Cependant, avant de pouvoir promouvoir davantage de services, nous devons nous assurer que nous sommes prêts à répondre aux besoins du nombre croissant de survivants du cancer.  

 

Étapes de la préparation… 

Augmenter notre capacité de servir des survivants du cancer : Nous avons besoin de plus de physiothérapeutes ayant des connaissances et les compétences en lien avec l’oncologie autant dans le système de santé publique que privé; des physiothérapeutes qui peuvent offrir des soins de qualité, fondés sur l’expérience clinique aux survivants.
 

À cet effet, la division oncologie accorde à « l’éducation » la priorité pour les prochaines années. Voici nos plans :

  1. Examiner le contenu d’oncologie dans les programmes professionnels partout au pays dans le but d’encourager un contenu enrichi dans le curriculum de physiothérapie.
  2. Travailler avec l’ACP pour améliorer les compétences de base en physiothérapie oncologique.
  3. Offrir des cours qui visent à développer de façon stratégique des compétences de base en physiothérapie oncologique.
     

Établir des partenariats avec des organisations de survivants comme le Réseau canadien des survivants du cancer, la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales, Brest Cancer Support Services, le Cadre canadien du lymphœdème et Cancer de la prostate Canada, des organisations qui peuvent nous aider à promouvoir la physiothérapie comme moyen d’offrir des soins de qualité, de soutien et du suivi pour optimiser les résultats pour les survivants du cancer.
 

Travailler avec les chercheurs pour soutenir la génération de nouvelles connaissances, spécialement pour évaluer plus à fond les modèles de soins de réadaptation, les stratégies d’autogestion et les méthodes pour renforcer la capacité de prestation de services de réadaptation après un cancer dans la communauté. De plus, des efforts d’application des connaissances sont nécessaires pour diffuser les conclusions de la recherche aux intervenants clés, aux organisations de survivants et aux cliniciens. 
 

Identifier et recruter des porte-parole qui peuvent nous aider à sensibiliser les autres, à plaider en faveur de notre engagement dans les soins du cancer et à établir des relations avec les décideurs. Pour que des changements surviennent, nous devons nous retrouver à la table des décisions, montrer aux équipes de tumeurs sur place et provinciales nos intentions quant à notre engagement, la création de lignes directrices de pratique clinique, les voies de traitement et les équipes de soins et l’éducation des survivants et des familles.
 

En offrant d’excellents soins et en améliorant les résultats pour la santé des patients, les survivants eux-mêmes seront nos plus grands défenseurs.  

 

Références

1. Comité consultatif des statistiques canadiennes sur le cancer : Statistiques canadiennes sur le cancer 2018. Toronto, ON : Société canadienne du cancer; 2018. http://www.cancer.ca/~/media/cancer.ca/CW/cancer%20information/cancer%20101/Canadian%20cancer%20statistics/Canadian-Cancer-Statistics-2018-EN.pdf?la=en. Opens in a new window

2. Langer T, Grabow D, Steinmann D, et al. Late Effects and Long-Term Follow-Up after Cancer in Childhood. Oncol Res Treat 2017; 40:746-750.

3. Shay LA, Parsons HM, Vernon SW. Survivorship Care Planning and Unmet Information and Service Needs Among Adolescent and Young Adult Cancer Survivors. Journal of Adolescent and Young Adult Oncology 2017; 6:327-332.

4. Partenariat canadien contre le cancer. Vivre avec le cancer : Rapport sur l’expérience du patient, 2018. http://www.virtualhospice.ca/Assets/living-with-cancer-patient-experience-report-fr_20180214111416.pdf

5. Silver JK, Baima J, Mayer RS. Impairment-driven cancer rehabilitation: an essential component of quality care and survivorship. CA Cancer J Clin 2013; 63:295-317.

6. Silver JK, Baima J, Newman R, et al. Cancer rehabilitation may improve function in survivors and decrease the economic burden of cancer to individuals and society. Work 2013; 46:455-72.

 

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