Retour à tous

Arthur Woznowski-Vu
 

Êtes-vous membre de l’Association canadienne de physiothérapie (ACP)? Avez-vous adhéré à la division de l’ACP qui correspond à votre domaine d’intérêt? Si oui, vous ne savez peut-être pas que, à titre de membre de l’ACP, vous profitez automatiquement du travail du comité de la gestion du savoir des divisions (CGSD). Il se pourrait que vous vous demandiez « Qu’est-ce que ça veut dire? Je ne comprends pas. Qu’est-ce que le CGSD? Quel est son rôle? » Si c’est effectivement votre réaction, vous avez de la chance. Je vais répondre à vos questions!
 

Vous savez probablement déjà que l’ACP et ses divisions jouent des rôles importants, comme représenter la profession et appuyer la pratique fondée sur les données probantes en offrant diverses ressources de perfectionnement professionnel. Au nombre de ces ressources se trouvent une revue professionnelle et une revue scientifique, une plate-forme d’éducation en ligne, des webinaires, des bulletins d’information, et d’autres outils utiles. Cependant, au-delà de l’accès aux connaissances, l’ACP joue un rôle de premier plan pour ce qui est de favoriser l’innovation.
 

Le comité de la gestion du savoir des divisions (CGSD) est la force interdivisionnelle qui permet de favoriser l’innovation. C’est un sous-comité de l’ACP qui compte au moins un membre du comité direction de chaque division (qu’on appelle représentant CGSD). Mais, si l’ACP et ses divisions synthétisent et diffusent déjà les connaissances fondées sur des données probantes par l’intermédiaire de leurs diverses ressources de perfectionnement professionnel, qu’est-ce qui reste à faire? Pour favoriser l’innovation d’une façon qui aura une réelle incidence sur la pratique, il manque deux autres ingrédients :
 

  1. La recherche doit être appliquée dans la pratique;
  2. La recherche doit être pertinente.
     

Plus précisément, l’innovation est constituée de la recherche et du transfert des connaissances. La recherche crée des connaissances et permet de mieux comprendre les nouvelles façons d’évaluer et de traiter un patient. Le transfert des connaissances fait la synthèse de la recherche accumulée sur un sujet donné, rend ces connaissances synthétisées disponibles en les diffusant, et en facilite l’application éthique. Le CGSD soutient tous ces éléments de l’innovation, mais joue un rôle particulièrement important en aidant les cliniciens à appliquer ces connaissances fondées sur des données probantes dans leur pratique quotidienne.
 

Il est important de noter que, même si les résultats d’une recherche sont bien résumés, la diffusion des connaissances à elle seule donne rarement lieu à autre chose que de la sensibilisation. En fait, une étude a démontré qu’après avoir offert une ressource en ligne d’information fondée sur des données probantes, seulement 14 % des cliniciens ont rapporté avoir modifié leur pratique clinique (Menon, Korner-Bitensky, Kastner, McKibbon, et Straus 2009). Pour avoir une incidence réelle sur la pratique, des mesures supplémentaires sont nécessaires. Par exemple, le CGSD appuie les programmes de mentorat, les groupes de discussion qui traitent de la recherche à la pratique, et les outils d’autoréflexion qui accélèrent et améliorent le processus d’évaluation critique et d’intégration des connaissances fondées sur des données probantes, ainsi que la résolution de problèmes liés à l’application dans la pratique.
 

Pour aller encore plus loin, on peut améliorer le transfert des connaissances en établissant des partenariats stratégiques pour susciter l’échange bidirectionnel d’expertise. En d’autres mots, quand le processus de recherche se caractérise par un échange d’expertise entre les chercheurs, les cliniciens, les patients et autres parties prenantes concernées, on le qualifie de transfert des connaissances intégré, et on obtient de meilleurs résultats. Faire appel aux destinataires (cliniciens) et aux parties intéressées (patients, gestionnaires de clinique, etc.) contribue à déterminer les sujets de recherche les plus pertinents pour les cliniciens de première ligne et, ainsi, améliorer l’assimilation des connaissances générées par cette recherche. Cela présente aussi d’autres avantages pratiques, comme veiller à ce que la conception d’évaluations novatrices ou de nouveaux traitements soit adaptée aux contraintes de temps et de ressources du « monde réel ». Les destinataires et les parties prenantes, pour leur part, peuvent se familiariser avec les réalités et les contraintes de la recherche (Gagliardi, Berta, Kothari, Boyko, et Urquhart 2016). Donc, en appui au transfert des connaissances intégré, le CGSD entend jouer un rôle important dans la négociation de partenariats stratégiques entre les chercheurs, les cliniciens, les patients et toutes autres parties prenantes concernées. 
 

En résumé, le CGSD est un sous-comité de l’ACP dont le mandat principal consiste à contribuer à la promotion de l’innovation par l’intermédiaire de la recherche et du transfert des connaissances. En ce qui concerne les activités communes, le CGSD appuie l’excellent travail accompli par l’ACP et ses divisions en ce qui a trait à la synthèse et à la diffusion des nouvelles connaissances générées par la recherche. Quant aux activités propres au CGSD, celui-ci a pour objectif de mener des activités de soutien à l’application éthique des connaissances et de négocier des partenariats stratégiques entre les chercheurs, les cliniciens, les patients et toutes autres parties prenantes concernées. Le CGSD vise en définitive à jouer un rôle important à l’ACP pour ce qui est de favoriser l’innovation (et sa mise en œuvre!) dans l’intérêt de tous les membres de l’Association et de la profession de physiothérapeute.
 

Qu’en pensez-vous? Avez-vous des questions à-propos du CGSD? J’ai hâte de poursuivre la discussion dans la section commentaires ci-après.
 

N. B. Pour plus de renseignements sur les composantes du transfert des connaissances discuté dans cet article, je recommande aux lecteurs de consulter la page Web des Instituts de recherche en santé du Canada sur le sujet.

 

Références

Gagliardi, A. R., Berta, W., Kothari, A., Boyko, J., & Urquhart, R. (2016).

 Integrated knowledge translation (IKT) in health care: a scoping review.

Implement Sci, 11, 38. doi:10.1186/s13012-016-0399-1

 

Menon, A., Korner-Bitensky, N., Kastner, M., McKibbon, K. A., & Straus, S. (2009).

Strategies for rehabilitation professionals to move evidence-based knowledge into practice:

a systematic review. Journal of Rehabilitation Medicine, 41(13), 1024-1032. 

 

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