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REP 25 - La réussite n’est pas un « objectif de huit rendez-vous »

Anonymous

Je me souviens de ma première journée de résidence en physiothérapie comme si c’était hier. Après six ans de formation universitaire, je n’arrivais pas à croire que j’étais sur le marché du travail. 

On m’avait promis du mentorat et je savais que j’en aurais besoin, puisque j’avais fait un seul stage en pratique privée. Autrement dit, j’avais évalué et traité des patients pendant seulement six semaines pour me préparer à ma carrière. 

J’avais de la difficulté à croire que mes patients payaient désormais pour mes évaluations et mes traitements de résident en physiothérapie! Stimulant… mais intimidant. 

Je me souviens de mon patron qui, pendant ma première semaine de travail, m’a dit : « Essaie de t’organiser pour faire venir les patients au moins huit fois. » 

Quelques semaines plus tard, quand j’ai raconté fièrement à mon patron que j’avais réglé le problème d’épaule de mon patient en quatre rendez-vous, il m’a répondu avec colère : « Si tous tes patients vont mieux au bout de quatre rendez-vous, tu vas entendre parler de moi! » 

Je suis resté bouche bée. Son commentaire était tellement hostile que j’ai senti que je ne serais pas respecté comme clinicien, ni même comme personne, si je n’incitais pas les patients à venir à de nombreux rendez-vous. 

Certains patients pouvaient à peine se permettre les frais d’évaluation physiothérapeutique de 92 $, et encore moins les frais de suivi. 

En faisant venir les patients plus souvent que nécessaire, j’avais l’impression de ne pas placer leur intérêt au premier plan. 

Comme nous le savons tous, les patients arrêtent parfois eux-mêmes leurs traitements de physiothérapie pour diverses raisons, y compris des raisons financières, ou simplement parce qu’ils ne les intègrent pas à leur horaire.

Lorsque mes patients partaient avant « l’objectif de huit rendez-vous » recommandé par la clinique, je devenais anxieux et je m’inquiétais de ma sécurité d’emploi. Selon moi, des professionnels de la santé enthousiastes devraient se concentrer sur des soins de qualité, et non sur les problèmes potentiels de flux de trésorerie de la clinique. 

La directive de donner trop de rendez-vous aux patients est un problème éthique. 

Elle place les besoins de la clinique avant ceux des patients. 

J’ai découvert que les considérations commerciales d’une clinique privée de physiothérapie prennent parfois plus d’importance que les soins aux patients, le perfectionnement professionnel et les expériences d’apprentissage des physiothérapeutes. 

Alors que je réfléchissais à tout ça, je me préparais à l’examen national! 

J’ai fini par décider de quitter la clinique. Je ressentais trop de pression à rencontrer les patients dans le cadre d’un nombre minimal imposé de rendez-vous.

Cette formule n’est pas axée sur les patients. 

Les divers patients ont besoin d’un nombre varié de rendez-vous de physiothérapie pour différentes raisons. 

Je trouve important que les physiothérapeutes proclament que la physiothérapie ne s’appuie pas sur une approche universelle et qu’ils insistent pour placer les soins axés sur les patients avant des idéaux financiers. 

 

À votre tour

  1. En qualité de propriétaire de clinique, quel type de lignes directrices remettez-vous aux nouveaux diplômés pour les aider à bien soupeser les intérêts des patients par rapport à vos intérêts commerciaux?
  2. À titre de nouveau diplômé, quelles mesures auriez-vous pu prendre pour affronter cette situation sans avoir à quitter la clinique? À quelles ressources auriez-vous pu avoir accès pour vous aider?
  3. Quels conseils donneriez-vous aux physiothérapeutes qui peuvent se sentir vulnérables dans un nouveau milieu de travail?
     

 

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