Retour à tous

Arthur Woznowski-Vu
 

« C’est beau en théorie, mais je l’utilise comment dans la vraie vie? » Si vous avez déjà eu de la difficulté à combler l’écart entre théorie et pratique, alors le mentorat pourrait vous aider.
 

« J’ai suivi un paquet de cours, mais je n’arrive pas à tout mettre ensemble. » Acquérir de nouvelles connaissances peut parfois prêter à confusion au lieu de renseigner. Le mentorat pourrait vous aider.
 

« J’essaie d’être un clinicien qui s’appuie surtout sur des données probantes, mais parfois les articles scientifiques se contredisent ou contredisent même ce que j’ai appris à l’université! J’ai moins confiance en mon expérience clinique, et je suis perplexe. » Hé bien! Le mentorat pourrait encore vous aider.
 

Je pourrais vous donner encore d’autres exemples. Cependant, le fait est que nous sommes nombreux à reconnaître qu’il n’est pas suffisant de connaître la théorie, ou de suivre un tas de cours, ou de lire des articles scientifiques, et ce, pour plusieurs raisons dont certaines sont mentionnées plus haut. La Division science de la douleur (de l’Association canadienne de physiothérapie [ACP]) a reconnu ces obstacles importants au perfectionnement professionnel de ses membres et, pour les surmonter, a lancé un programme de mentorat en 2015.
 

Ce programme de mentorat a été (et est encore) couronné de succès. Peu après son lancement, d’autres divisions de l’ACP ont emboîté le pas. La Division de santé mondiale et la Division cardiorespiratoire se sont inspirées du programme de mentorat de la Division science de la douleur pour commencer à élaborer leur propre programme. La Division science de la douleur a également communiqué la structure et les ressources mises au point pour son programme de mentorat avec des organismes à l’extérieur de l’ACP, comme le Musculoskeletal Physiotherapy Australia national group de l’Australian Physiotherapy Association, l’Ontario Physiotherapy Association et le Saskatchewan Pelvic Health Mentorship Program.
 

Le mentorat peut prendre plusieurs formes, parfois informelles, parfois structurées. Le programme de mentorat de la Division science de la douleur est un type de mentorat structuré où les candidats sont des physiothérapeutes qui découvrent la science de la douleur et qui recherchent de l’aide pour intégrer la recherche sur la douleur dans leur pratique clinique. Les mentors sont des physiothérapeutes qui comptent plus de cinq années d’expérience et dont la pratique est fondée sur les données probantes en matière de science de la douleur. Le jumelage mentor-mentoré se fait en essayant de maximiser leur compatibilité pour ce qui est des objectifs d’apprentissage du mentoré, le type de milieu de travail clinique et de patients, et l’emplacement géographique. Ces critères sont considérés dans l’ordre, bien qu’il ne soit pas toujours possible de tous les respecter, généralement l’expérience est fructueuse. On recommande aux duos mentor-mentoré de se rencontrer chaque mois pour au moins une heure (Skype, téléphone, en personne), pendant un an. Cependant, on encourage les duos mentor-mentoré à adapter le programme à leurs besoins. Après l’engagement officiel d’un an, certains duos mentor-mentoré continuent de se rencontrer de façon informelle, ce qui permet d’entretenir des relations professionnelles très utiles.
 

Il est important de mentionner que les mentors ne sont pas des enseignants. Même s’il peut y avoir des « moments d’enseignement » (ou plutôt, des occasions d’apprentissage) on s’attend avant tout à ce que les mentors facilitent et stimulent les processus d’apprentissage actif. Souvent, les mentors aideront les mentorés à guider leur réflexion personnelle, discuteront avec eux de leurs patients ou de ce qu’ils ont appris récemment de la recherche et dans un cours, et partageront des ressources éducatives et leurs propres expériences professionnelles. Il existe plusieurs façons pour les mentors d’aider les mentorés au moyen de processus d’apprentissage actif, mais la diffusion passive d’information en est rarement une. Toutefois, il n’est pas interdit d’enseigner quelque chose au moyen de la diffusion passive. Il faut juste ne pas perdre de vue que cela n’est pas l’objectif principal d’un mentor.
 

Dans l’ensemble, d’après mon expérience personnelle de mentoré du premier programme de mentorat de la Division science de la douleur, et mon expérience de la surveillance de ce programme de 2016 à 2018 à titre de membre du comité de direction de la Division science de la douleur, je crois fermement que les bienfaits d’un programme de mentorat sont uniques et particulièrement utiles à tout physiothérapeute qui aborde un nouveau domaine de pratique ou qui vient juste de terminer ses études. Nous avons besoin à la fois d’enseignants et de mentors pour nous aider à progresser.
 

Qu’en pensez-vous? Avez-vous eu des expériences de mentorat enrichissantes par le passé? Peut-être en avez-vous eu de mauvaises? Discutez-en ci-dessous, nous aimerions tirer profit de votre expérience!

 

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