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À titre de physiothérapeute qui travaille dans un milieu extrêmement connecté et changeant, je dois relever plusieurs défis pour évoluer dans le milieu de la santé et du bien-être.

Avec la montée des médias sociaux, des blogues et des présences Web, les lignes deviennent floues et divers types de professionnels s’immiscent dans le milieu de la réadaptation. 

Les entraîneurs personnels et les professionnels de la forme physique commencent à se commercialiser comme des « spécialistes de la réadaptation » ou des « maîtres cliniciens en forme physique ». Étant donné le grand nombre de physiothérapeutes qui privilégient les modalités et les manipulations, les professionnels de l’exercice commencent à boucher les trous. 

Mon fil de nouvelles est inondé de commentaires d’entraîneurs professionnels sur l’échec de séries de traitements et sur le soulagement des blessures musculosquelettiques par de bonnes prescriptions d’exercices. 

« Ils n’ont pas besoin d’un physiothérapeute. Ils ont seulement besoin d’un programme de renforcement. »

En qualité de physiothérapeute dans le milieu de la réadaptation, je me demande aussi « où commence et où se termine la réadaptation? » Quelle est notre place dans le milieu de la santé et de la prévention?

Cet article traite des zones de la pratique qui sont bonnes, mauvaises ou grises et que j’ai observées en travaillant dans des centres sportifs. Ces pratiques oscillent entre la fraude et l’utilisation inappropriée du personnel de soutien et la bonne intégration d’une séquence d’exercices dans sa vie et incluent tout ce qui se trouve entre les deux. 

J’ai tenté de m’y retrouver dans ce milieu. J’ai découvert quelques excellentes pratiques et certaines autres qui l’étaient moins.

J’ai commencé ma carrière dans un centre sportif. J’avais tout le centre à ma disposition pour aider les clients dans leur réadaptation fondée sur l’exercice. J’utilisais un mélange de manipulations, de travail sur la mobilité et de prescriptions d’exercices pour aider mes clients, et j’obtenais des résultats extraordinaires. 

Cependant, plus je travaillais dans ce milieu, plus il y avait des zones grises ou des questions qui m’incitaient à m’arrêter et à réfléchir. 

Voici quelques-unes de mes observations : 

 

Le bon

À titre de physiothérapeute dans un centre sportif, j’ai été témoin d’une formidable incitation à poursuivre l’exercice.

L’exercice n’était plus un simple intermède dans le temps, mais devenait l’expérience d’une vie. 

En faisant de la réadaptation dans un centre sportif, les clients qui étaient mal à l’aise s’adaptaient à leur environnement. Puisqu’ils travaillaient avec un physiothérapeute en milieu sportif, les clients qui n’avaient jamais mis les pieds dans un centre sportif auparavant gagnaient en confiance.

Les programmes d’exercices thérapeutiques transmis par le thérapeute donnent aux patients une base solide pour faire confiance aux exercices et poursuivre dans ce contexte s’ils le désirent. Les clients apprennent à connaître et maîtriser l’équipement, ce qui facilite les exercices réguliers. 

Les physiothérapeutes sont des dispensateurs de soins de première ligne et sont donc bien placés pour parler de modes de vie sains à tous ceux qui franchissent la porte. Le sommeil, le stress, la nutrition et le mouvement sont tous des aspects importants du processus de réadaptation, non seulement pour soigner la blessure du patient, mais également pour favoriser la prévention. 

Les physiothérapeutes sont en position idéale pour amorcer ce type de conversations, non seulement avec les clients, mais également avec les autres membres de l’équipe soignante.

Les physiothérapeutes peuvent collaborer avec les autres dispensateurs de soins pour former une équipe de gestion de la santé complète. Plus de physiothérapeutes dirigent maintenant les clients vers des diététiciens, des nutritionnistes, des ostéopathes et d’autres professionnels de la santé; ils travaillent en étroite collaboration avec des médecins pour offrir aux clients la meilleure qualité de soins possible. 

 

Le mauvais

Comme dans toute profession, des physiothérapeutes tentent de profiter des nouvelles zones grises.

Quand je travaillais au centre sportif, un homme qui représentait une « entreprise de physiothérapie » m’a abordé pour me demander si le personnel établir un partenariat avec lui. Ne sachant pas que j’étais physiothérapeute, il m’a proposé d’offrir aux clients de réclamer à leur assurance leur abonnement au centre sportif comme s’il s’agissait d’un service de physiothérapie. 

Il m’a expliqué que son entreprise pourrait fournir le numéro d’inscription d’un membre de son personnel, qui viendrait périodiquement faire des « évaluations ». 

Notre personnel utiliserait ensuite le numéro d’inscription de ce physiothérapeute pour faire des réclamations en physiothérapie au régime d’assurance des clients.

Quand j’ai informé l’homme que j’étais moi-même physiothérapeute et que je lui ai demandé le nom du physiothérapeute qui était prêt à fournir ainsi son numéro d’inscription, il s’est empressé de s’en aller.

Cette rencontre m’a perturbée, mais je pouvais comprendre qu’un propriétaire de centre sportif qui ne connaissait pas les règles et règlements liés aux réclamations d’assurance en physiothérapie puisse être tenté de participer à cette fraude évidente.

J’ai entendu parler d’autres professionnels de la santé qui établissaient des liens avec des centres sportifs pour créer des « promotions » similaires, habituellement plus avantageuses pour les professionnels de la santé que pour les clients. 

Souvent, ça ressemble à ce qui suit : 

« Si vous me voyez [le professionnel de la santé] x nombre de fois par mois pour votre traitement, vous pourrez utiliser le centre sportif gratuitement. » 

Dans cet exemple, les clients sont encore suivis par un professionnel de la santé, mais sans but thérapeutique précis. Cette « promotion » inclut également des frais de traitement gonflés pour couvrir l’abonnement au centre sportif. J’ai souvent observé cette pratique dans les centres sportifs, et ce sont souvent des clients qui ont des prestations illimitées en physiothérapie qui y ont droit.

À de multiples occasions, on m’a demandé de participer à cette « promotion », et j’ai vite informé mes clients de la nature frauduleuse de cette entente. 

 

Une autre « mauvaise » chose que j’ai observée, c’est l’usage inapproprié du personnel de soutien. Les physiothérapeutes font les évaluations, puis délèguent les soins à un entraîneur personnel. 

Dans cet exemple, les entraîneurs personnels sont responsables de produire et d’exécuter les programmes d’exercices. 

J’ai vu des situations où les physiothérapeutes ne font pas de réévaluations, tandis que dans d’autres, ils font une vérification périodique. Les clients reçoivent un entraînement personnel qu’ils font rembourser par leur régime d’assurance.

C’est également une fraude, qu’aucun ordre des physiothérapeutes provincial n’autorise. 

Dans ces scénarios, les physiothérapeutes mettent leur permis à risque et créent un doute dans l’esprit des assureurs qui remboursent ce type de réclamations. 

Toute la profession doit agir de manière responsable et s’assurer d’exercer de manière conforme à l’éthique. 

 

Le « à déterminer »

Je me pose encore des questions en matière de prévention. À mon expérience, il y a quelques « zones grises » que j’aimerais savoir comment aborder : 

  1. L’exercice pour la prise en charge des maladies chroniques. Les physiothérapeutes ont découvert des façons d’aider les gens à faire de l’exercice après une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, une maladie pulmonaire, un cancer et toute une série de maladies chroniques. Mais où commencent et où se terminent ces programmes? Par exemple, la réadaptation cardiaque, qui dure trois mois dans le secteur public, est offerte à un individu après un incident cardiaque. De nombreuses personnes profiteraient pourtant d’une réadaptation cardiaque. Les personnes qui souffrent de fibrillation auriculaire ou qui sont à risque d’incident cardiaque ou de maladie cardiaque pourraient tirer d’énormes avantages de ce type de programme. Les critères d’admissibilité diffèrent selon les programmes. Dans certaines situations, ces personnes peuvent s’inscrire, mais leurs capacités posent problème. Quel est le meilleur modèle que les physiothérapeutes peuvent adopter pour favoriser l’exercice lorsque les symptômes des patients risquent de limiter leurs capacités?
  2. Des services privés de physiothérapie en petits groupes. Ces services sont répandus dans le secteur public parce qu’ils sont efficaces sur le plan physique et qu’ils sont rentables. Selon une récente analyse systématique, la physiothérapie de groupe serait plus efficace que les séances individuelles. Toutefois, ce type de physiothérapie n’est pas remboursé dans le secteur privé. Où prend fin la prise en charge de la maladie chronique et où commencent les cours de conditionnement physique de groupe?
  3. Les facteurs de risque. Nous vivons une époque où l’hypertension, le diabète et les douleurs lombaires chroniques montent en flèche. Les physiothérapeutes ont des outils pour contribuer à lutter contre tous ces problèmes, mais quel est le meilleur moyen de nous engager dans ce domaine? 

 

À votre tour

1. Quelles sont vos réflexions au sujet des zones « à déterminer »?

2. Connaissez-vous d’autres zones d’exercice que les physiothérapeutes ont envie d’explorer, mais qu’ils ne savent pas comment aborder? 

3. Les consultants en bien-être sont de plus en plus nombreux, mais ne s’approprient-ils pas essentiellement une partie de la tâche du physiothérapeute? 

 

#30REPS 2017 est présenté par

 
 

 

Pour en savoir plus, lisez la série #30REPS

Comments

At our sport clinic, we run medical exercise programs for many populations: post-oncology, cardiac (MI, post heart arrest, cardiac transplantation, fibrillation...), neuro (where movement, coordination, balance can be rehabitated within our means), other systemic disorders and catastrophic cases.  I strongly feel these populations do not belong in a gym environment but under physiotherapy care and expertise.  To do this, our staff is trained in medical exercising, have an excellent knowledge of the complications that could arise and how to control them, and we are equiped with defribrillator and emergency oxygen on site.  As I read the article above, I understand the importance of fraud prevention, but let's not loose perspective that mobility and return to function is OUR mandate and that exercising is our tool to do it.  

(Physiotherapy Act: The practice of physiotherapy is the assessment of neuromuscular, musculoskeletal and cardio respiratory systems, the diagnosis of diseases or disorders associated with physical dysfunction, injury or pain and the treatment, rehabilitation and prevention or relief of physical dysfunction, injury or pain to develop, maintain, rehabilitate or augment function and promote mobility. 2009, c. 26, s. 22 (1). )

 

Christian Séguin

Cornwall, ON

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