« La médecine n’est pas qu’une science : c’est aussi un art. » – Hippocrate 

Je suis physiothérapeute en soins primaires avec 23 ans d’expérience clinique en soins de courte durée et en pratique privée. Je suis également propriétaire d’une clinique dans une région rurale de la Saskatchewan. Le nouveau titre de poste que je me suis attribué? Physiothérapeute de pandémie. Puisque ma communauté avait besoin de services de physiothérapie pendant la crise, j’ai offert des soins primaires à des patients qui, en raison de leur état, devaient recevoir des traitements en personne. Si certains de mes collègues ont choisi de fermer leurs portes ou de n’offrir que des soins virtuels, j’ai gardé ma clinique ouverte. Tout en respectant les restrictions et les recommandations du gouvernement, je me suis occupé du triage, de l’évaluation et du traitement de mes nouveaux patients, en plus de leur offrir de l’information et du soutien.

Ma clinique était bien approvisionnée en EPI et en désinfectant approuvé pour usage en milieu hospitalier. En outre, j’ai appris lors de mon passage en soins de courte durée à utiliser la technique stérile et l’EPI. Je pouvais donc prodiguer des soins en toute sécurité et former mon personnel. Mon associé, pour sa part, ne pouvait pas pratiquer puisqu’il est plus âgé et a des problèmes cardiaques, ce qui le plaçait en situation de vulnérabilité. Comme bien d’autres, ma clinique en a pâti financièrement. J’ai tout de même choisi de garder mes employés. Ils ont accepté de travailler moins d’heures, d’utiliser l’EPI et de désinfecter la clinique après chaque patient.

J’ai été formée en Afrique du Sud, où mes collègues et moi offrions des soins de première ligne. Confrontés à des épidémies de VIH/sida, d’Ebola, de choléra, de fièvre typhoïde, de tuberculose et d’autres maladies, nous avons prêté le serment d’Hippocrate et travaillé aux côtés de médecins, d’infirmières de santé publique et d’autres travailleurs paramédicaux tout aussi jeunes et inexpérimentés que nous. On nous a envoyés dans des hôpitaux, des cliniques communautaires, des établissements pour tuberculeux et des prisons. Nous avons choisi d’aller dans les townships, où les écoles et les maisons des patients étaient insalubres et dangereuses. Nous travaillions souvent 16 heures par jour, téléavertisseur à la hanche, et étions appelés pour travailler en soins intensifs. Tout ça sans outils d’évaluation ou d’équipement sophistiqués, parfois même sans EPI. Par contre, nous avions nos mains, notre cœur et notre passion!

Nous avons prêté le serment d’Hippocrate; nous avons promis d’aider les autres avant de nous aider nous-mêmes. Nous devions être prêts à prendre des risques pour que nos patients puissent avoir une meilleure qualité de vie, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Nous devions improviser et faire preuve d’initiative. Ma formation et mon expérience m’ont donné le courage, la confiance et le souci requis pour persévérer lors de cette pandémie.

J’ai amélioré le sort de mes patients. Je les ai aidés à contrôler leur douleur, à réduire leurs inflammations, à maintenir ou à améliorer leur force et leur amplitude de mouvement et évité les complications, à prévenir des complications et à réduire leur stress.

Tous les jours, les médecins et spécialistes référents, les familles et les aidants des patients ainsi que les patients eux-mêmes nous remercient, mon équipe et moi. Ils sont reconnaissants pour les soins qu’ils ont reçus et pour tout ce que nous faisons pour eux en ces temps difficiles.

Je suis fière d’être une physiothérapeute de pandémie en soins primaires. Prodiguer des soins du mieux que je peux, c’est ma mission et ma passion. Je pratiquerai toujours la médecine, et je le ferai toujours avec chaleur, gentillesse et compassion.

Je vous souhaite santé et bien-être,

Charn
Physio Fit Therapy & Fitness
Prince Albert, SK