le 25 septembre 2020

L’ACP a rédigé la déclaration suivante pour orienter ses interactions avec les décideurs des gouvernements pendant la pandémie de COVID-19. À l’heure où ces gouvernements conçoivent et mettent en œuvre des politiques en prévision des éclosions et vagues subséquentes de COVID-19, l’ACP veut s’assurer qu’ils reconnaissent et valorisent le rôle essentiel que jouent les physiothérapeutes, les assistants-physiothérapeutes, les thérapeutes en réadaptation physique et les étudiants en physiothérapie, qui travaillent et étudient dans tous les contextes et les secteurs de soins de santé. 

Nous recommandons que les services de physiothérapie restent offerts dans tous les contextes (en personne, en ligne, et pour le traitement des blessures, des maladies et des troubles aigus et chroniques) aux patients qui en ont besoin, et non seulement sur une base urgente, durant toute prochaine vague éventuelle de la pandémie.

La pandémie de COVID-19 a retardé des traitements de réadaptation essentiels et en a compliqué l’accès en raison des fermetures de cliniques et des procédures de contrôle des infections. Elle a par ailleurs mis en lumière les lacunes en matière d’accès à la physiothérapie et aux autres services de santé au Canada. L’ACP s’efforce de communiquer aux gouvernements provinciaux et fédéral que les services de physiothérapie peuvent continuer d’être offerts de manière sécuritaire, peu importe les prochaines phases d’assouplissement ou de resserrement des restrictions. Les soins fournis par les professionnels de la physiothérapie renforcent la vitalité de la main-d’œuvre canadienne en aidant les travailleurs à rester mobiles et en santé, et à contribuer activement à l’économie et à leur communauté. L’ACP exhorte donc les gouvernements à considérer les soins de physiothérapie comme essentiels dans tous les contextes, et à permettre leur prestation tout au long de la pandémie de COVID-19.

La déclaration de l’ACP sur « Le rôle de la physiothérapie pour assurer en toute sécurité la santé des Canadiennes et Canadiens durant la pandémie de COVID-19 »

Les soins de physiothérapie, qu’ils soient offerts aux soins intensifs, en clinique, dans des établissements de soins de longue durée, en ligne, à domicile ou aux patients externes, sont essentiels. En tant que professionnels de la santé autonomes et autoréglementés soumis à un code d’éthique, les physiothérapeutes et les T.R.P. se servent de leur jugement pour protéger les intérêts de leurs patients et du grand public, s’assurant qu’un traitement qui peut être raisonnablement reporté n’est pas offert au mépris des précautions sanitaires. Pendant la pandémie, les soins de physiothérapie ont été fournis en toute sécurité à l’échelle du système de santé, dans le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections. Les soins de physiothérapie peuvent être adaptés à d’autres modes de prestation, comme la télé-réadaptation, pour atténuer les risques d’exposition et permettre aux patients de poursuivre leur traitement en toute sécurité.

  • Bien des Canadiens ont dû reporter leur traitement en raison des restrictions visant à ralentir la propagation de la COVID-19. L’état de santé de bon nombre d’entre eux s’est donc détérioré, leur douleur a persisté ou empiré, leur santé mentale en a souffert, et les traitements de prévention ou de maintien n’ont pas eu lieu.
  • De plus en plus de Canadiens doivent composer avec de la douleur et des troubles chroniques en raison du report des opérations chirurgicales non urgentes,1,2 que la pandémie avait initialement forcé. 
  • Or, les soins postopératoires de physiothérapie aident les patients à se rétablir et à rentrer chez eux plus vite.3
  • Les soins et les traitements fournis par les physiothérapeutes, les T.R.P.s, et les APT sont essentiels pour assurer la santé de la population canadienne et réduire le recours aux services hospitaliers d’urgence. Par ailleurs, les recherches montrent que la physiothérapie peut retarder ou éliminer le besoin d’une procédure non urgente, comme l’arthroplastie de la hanche ou du genou,4 ce qui peut alléger le système de santé pendant une deuxième ou troisième vague. 
  • Les soins fournis par les physiothérapeutes, les T.R.P., et les APT dans le respect des mesures de sécurité applicables, renforcent la vitalité de la main-d’œuvre canadienne en aidant les travailleurs à rester mobiles et en santé, et à contribuer activement à l’économie et à leur communauté. De plus, les soins de physiothérapie n’ont pas contribué à la propagation communautaire.
  • Un accès ininterrompu aux soins de physiothérapie renforce la capacité de tout le système de santé en allégeant la pression exercée sur les hôpitaux et en améliorant la trajectoire de rétablissement des patients.
  • Pour garder la population canadienne en sécurité, les physiothérapeutes et les APT, qui sont des professionnels de la santé réglementés, maîtrisent et respectent des pratiques strictes de contrôle des infections.5
  • Pendant la pandémie, les Canadiens veulent rester actifs et en santé, et éviteront par-dessus tout de se rendre à l’hôpital. On a en effet observé une baisse de 25 % des visites à l’urgence pendant les premiers mois de 2020 par rapport à la même période en 2019.6

L’ACP exhorte les gouvernements à :

  • Préserver l’accès des Canadiens aux soins et aux traitements nécessaires à leur santé advenant un autre confinement. Pour ce faire, les services fournis par les physiothérapeutes, les assistants-physiothérapeutes et les thérapeutes en réadaptation physique devront être reconnus comme essentiels.
  • Reconnaître que les soins réglementés de physiothérapie peuvent être fournis en personne en toute sécurité grâce aux mesures de prévention et de contrôle des infections qui atténuent le risque d’exposition. 
  • Donner aux Canadiens tous les moyens d’éviter l’admission d’urgence à l’hôpital ou des soins urgents en raison d’un accès limité aux services essentiels de physiothérapie. La prestation des soins de physiothérapie ne doit pas être réservée aux situations d’urgence; en fait, en s’assurant que les Canadiens ont accès à ces soins, on évitera certaines situations d’urgence.

 


Références

  1. Wang, J., Vahid, S., Eberg, M., Milroy, S., Milkovich, J., Wright, F.C., Hunter, A., Kalladeen, R., Zanchetta, C., Wijeysundera, H.C., & Irish, J. (1 septembre 2020). Clearing the surgical backlog caused by COVID-19 in Ontario: a time series modelling study. Canadian Medical Association Journal (CMAJ). doi : 10.1503/cmaj.201521
  2. COVIDSurg Collaborative. (12 mai 2020). Elective surgery cancellations due to the COVID-19 pandemic: global predictive modelling to inform surgical recovery plans. British Journal of Surgery (BJS) Society. doi : 10.1002/bjs.11746
  3. Association canadienne de physiothérapie (ACP). (2012). La valeur de la physiothérapie : Arthroplastie des articulations. Récupéré de https://physiotherapy.ca/sites/default/files/valuePT/cpa_thevalueofphysio2012_jointarthroplasty-fr.pdf
  4. Svege, I., Nordsletten, L., Fernandes, L, & Risberg, M.A. (19 novembre 2013). Exercise therapy may postpone total hip replacement sugery in patients with hip osteoarthritis: a long-term follow-up of randomised trial. Annals of the Rheumatic Diseases, 74 (1), 164-9. doi: 10.1136/annrheumdis-2013-203628
  5. Alliance canadienne des organismes de réglementation de la physiothérapie (ACORP). (31 janvier 2018). Normes fondamentales en matière de pratique. Norme 12 : Lutte contre les infections. Récupéré de https://www.alliancept.org/fr/communique/normes-fondamentales-en-matiere-de-la-pratique-de-la-physiotherapie-au-canada-sont-maintenant-disponibles/
  6. Institut canadien d'information dur la santé (ICIS). (24 septembre 2020). Ressources sur la COVID-19. Hôpitaux et services d'urgence. Les hospitalisations et les visites au service d'urgence liées à la COVID-19. SNISA, visites aux urgences : comparaison entre janvier à mars 2019 et janvier à mars 2020 (XLXS). Récupéré de https://www.cihi.ca/fr/ressources-sur-la-covid-19