Bonjour,

Mon nom est Sarah Mawhinney et je suis physiothérapeute à l’Hôpital Joseph Brant, à Burlington. Je travaille à temps plein à la Hand & Upper Limb Clinic auprès de patients qui ont subi des blessures traumatiques aux mains ou aux membres supérieurs. Le 16 mars dernier, les cliniques de soins ambulatoires de notre hôpital ont été fermées en raison de la COVID-19. Depuis ce temps, ma vie a complètement changé. Durant les 7 dernières semaines, nous avons offert des séances virtuelles de rééducation de la main par l’intermédiaire du Réseau Télémédecine Ontario (RTO) tout en continuant d’offrir des consultations en personne et la pose d’une attelle pour les cas urgents postopératoires et post-traumatiques. J’ai également passé plusieurs semaines à rafraîchir mes connaissances sur les traitements de physiothérapie offerts aux patients hospitalisés ou ayant subi une chirurgie, connaissances que je n’avais pas mises en pratique depuis plusieurs années. Je me suis portée volontaire pour être affectée à l'endroit où les besoins étaient les plus criantsce qui s’est avéré être le service où étaient hospitalisés les patients atteints de la COVID qui n’avaient pas besoin de soins intensifs.

La courbe d’apprentissage a été abrupte, mais j’ai eu la chance de travailler avec un ergothérapeute et une équipe d’infirmières fantastiques qui m’ont beaucoup aidée. Mon tout premier patient était un homme dans la soixantaine, qui venait d’être sevré du respirateur après avoir passé 2 semaines aux soins intensifs. J’ai eu le privilège de le mobiliser pour la première fois et de faire sa rééducation directement dans sa chambre (en raison du virus), puis la semaine dernière, il a reçu son congé et est rentré à la maison. Je suis contente de pouvoir dire que, jusqu’à présent, j’ai vu de nombreux patients vaincre la COVID-19 et retourner à la maison. 

La pandémie pose un défi à tant de gens. De mon côté, j’ai dû sortir de ma zone de confort en travaillant en milieu hospitalier et en offrant des consultations virtuelles de rééducation de la main. Je suis heureuse d’avoir dû faire face à ce défi, puisque cela m’a permis de développer de nouvelles compétences, de trouver de nouvelles façons de résoudre des problèmes et de me sentir encore plus reconnaissante envers la formidable équipe de professionnels de la santé avec qui je travaille chaque jour. J’ai entendu cette phrase à plusieurs reprises, mais elle me touche encore plus ces jours-ci : les médecins et les infirmières sauvent des vies (je l’ai vu de mes propres yeux), mais les professionnels paramédicaux rendent cette vie digne d’être vécue. Je n’ai jamais été aussi fière d’être physiothérapeute.

Sarah