Domaine de spécialité clinique : Musculosquelettique

   Nombre d’années de pratique dans ce domaine : 24

   Secteurs d’intérêt professionnel : Méthode MDT pour la colonne vertébrale et les extrémités, arthrose légère ou modérée de la hanche et du genou

   Qu’avez-vous trouvé le plus difficile du programme de spécialité?

   Les aspects les plus difficiles du programme consistaient selon moi à mettre de l’ordre dans mon CV, à choisir les types de cas que je souhaitais présenter et de décrire ces cas d’une manière logique pour les      évaluateurs. Je savais que les évaluateurs n’auraient probablement pas la même formation, les mêmes opinions ni les mêmes approches que moi. Je me demandais : « Vais-je être capable d’exposer clairement mon  raisonnement clinique? Que penseront-ils de moi si je n’ai pas évalué ni traité les cas de la même façon qu’eux? »

Je me suis rendu compte que ce qui intéresse les évaluateurs, c’est de comprendre les raisons qui justifient les actions et non les détails sur les techniques utilisées. Ils veulent voir un processus de diagnostic différentiel et de raisonnement clinique bien décrit et fondé sur un vaste ensemble de connaissances, une compréhension des données probantes et une expérience clinique. Mais avant tout, j’ai compris que mon travail était bel et bien à la hauteur! Il peut être angoissant de « s’exposer » ainsi, mais je suis contente d’avoir persévéré.

Il ne suffit pas de considérer le nombre de cours que vous avez suivis ou vos titres, qui ne sont que la pointe de l’iceberg.

Où espérez-vous voir la profession dans 25 ans?

J’ai bon espoir de voir au sein de la profession un système de recommandation dynamique axé sur l’atteinte des meilleurs résultats possible pour les patients. Un système qui nous permettrait de connaître nos forces, mais aussi de compter sur un réseau de spécialistes en physiothérapie que nous pourrions recommander régulièrement à nos patients plus difficiles à traiter.

De nos jours, la recommandation des patients n’est pas une pratique courante, de sorte qu’ils finissent par délaisser la physiothérapie. Voilà pourquoi j’aimerais que les physiothérapeutes considèrent la recommandation comme une occasion d’apprentissage : nous pouvons valider nos décisions cliniques en sollicitant un second avis ou nous inspirer de nouvelles idées que nous utiliserons ultérieurement pour des cas semblables.

Quels conseils offririez-vous aux physiothérapeutes qui songent au programme?

Je recommanderais de réfléchir à toutes les compétences énumérées. Il ne suffit pas de considérer le nombre de cours que vous avez suivis ou vos titres, qui ne sont que la pointe de l’iceberg. Demandez‑vous si votre expérience couvre les neuf compétences ou si vous pouvez approfondir certains aspects.

Autre conseil : ne présentez pas forcément les cas pour lesquels les résultats sont apparus miraculeusement, mais plutôt les cas qui vous ont forcé à réfléchir et à ressentir différemment et qui ont changé votre façon de travailler. Préparez-vous à décrire votre processus de réflexion et les sentiments qui vous ont poussé à agir différemment du physiothérapeute moyen. Demandez-vous comment ces expériences ont changé votre pratique et comment vous en avez fait profiter vos collègues.  

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu?

Robin McKenzie (1931-2013) disait : « Rappelez-vous que nous sommes là pour le patient ». J’ai entendu cette citation dans divers contextes, et je crois sincèrement qu’en fin de compte, ce sont les patients qui profitent du processus de spécialisation.   

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