Nombre d’années de pratique dans ce domaine : 16

Secteurs d’intérêt professionnel : Douleur neuropathique de longue date

Loisirs : Entraîneur de saut à la perche à l’Université de l’Alberta

Que trouvez-vous le plus satisfaisant dans le programme de spécialité?

J’étais très content qu’on exige de moi des réponses raisonnables quant à ma prise de décisions cliniques. J’étais également heureux de parler avec des praticiens ayant les mêmes valeurs que moi, qui m’ont demandé d’approfondir mes recherches sur la littérature scientifique, l’utilisation des mesures cliniques, le choix des traitements et la planification des programmes.

Pourquoi avez-vous participé au programme?
Je l’ai d’abord fait purement pour des raisons de perfectionnement professionnel. Il n’y a tout simplement aucune autre façon d’être évalué par ses pairs d’une manière qui favorise autant l’introspection. Cela m’a donné exactement ce que je voulais, et beaucoup plus.

Où espérez-vous voir la profession dans 25 ans?
Les physiothérapeutes continueront d’être vus comme les principaux fournisseurs de soins de santé non chirurgicaux et non pharmaceutiques. Nous aurons la possibilité de briller en réalisant des interventions visant le fonctionnement optimal d’un corps sain, contrairement au modèle actuel qui tente de modifier la structure et la fonction du corps par des médicaments et des interventions chirurgicales.

Selon vous, quel impact aura la spécialisation dans votre domaine?
La spécialisation élèvera les attentes et améliorera le professionnalisme dans l’étude et l’offre d’interventions dans les cas de douleur. Je pense aussi que la spécialisation soutiendra les physiothérapeutes qui souhaitent se concentrer dans le domaine de la douleur.

Quelle est la valeur du programme de spécialité pour les candidats?
Je pense que le principal avantage du programme, c’est de pousser le candidat à examiner rigoureusement son cheminement. Le programme oblige à aller loin dans l’introspection, l’apprentissage, la planification et la compréhension du domaine de spécialité. Il force à analyser tous les éléments, des cours suivis aux articles lus, en passant par les résultats visés et le modèle de thérapie offert. Rien ne reste dans l’ombre lors de cette introspection, et le processus fait de vous un meilleur thérapeute.

Avez-vous fait appel à votre réseau de spécialistes, et comment?

J’ai allongé la liste des professionnels en qui j’ai confiance et que j’appelle régulièrement lorsque je planifie mes interventions. J’ai rencontré de nouveaux professionnels de tout le Canada et de ma propre ville. Nous discutons de mesures des résultats, d’interventions basées sur l’entraînement cognitif et comportemental, d’interprétation de la documentation scientifique et de nombreux autres sujets.

Quels facteurs importants faut-il prendre en compte lorsqu’on souhaite faire une spécialité clinique?

Le processus est rigoureux. Il ne s’agit pas simplement d’envoyer son CV accompagné de quelques courts textes. Si vous aimez les défis, c’en est un à votre mesure. D’un autre côté, je dirais simplement qu’il n’y a pas de façon plus efficace de faire progresser ses compétences cliniques et sa façon de prendre des décisions, à moins de faire un doctorat.

Quelles compétences avez-vous acquises ou améliorées pendant le processus de spécialisation?
Un de mes collègues m’a dit que je réfléchissais autrement depuis le programme. Pas de façon complètement transformée, mais plus analytique. Il a souligné que je critiquais maintenant les articles publiés en me basant sur leurs caractéristiques (comme les critères d’exclusion) au lieu de simplement en parcourir rapidement le résumé. Il m’a également dit que le processus avait déclenché chez moi une explosion d’énergie bien dirigée. Je me sens comme lorsque j’ai obtenu mon diplôme : assoiffé de connaissances et de réponses, rempli d’autres questions et plus équilibré en tant que praticien. Bref, pour répondre simplement, je me concentre maintenant beaucoup plus sur les modèles de soins que sur les techniques.

Quel conseil donneriez-vous aux candidats qui s’engagent dans le processus de spécialisation?

Ne réfléchissez pas trop, allez-y, plongez. Il n’y a pas de meilleur moment. Comme le dit Morgan Freeman dans À l’ombre de Shawshank : « Dépêche-toi de vivre… ou dépêche-toi de mourir ». Si on ne se remet pas en question pour évoluer, on stagne. Pour moi, c’est comme mourir professionnellement.

Quel impact a le titre de spécialiste sur vous et votre carrière?

J’y ai trouvé un plus grand besoin d’acuité. Je présume moins et je fouille davantage. Je présume que j’ai tort avant même de me permettre d’avancer que j’ai raison. Je réfléchis de façon plus critique, mais en même temps j’offre à mes clients davantage de possibilités de thérapies et de références à d’autres spécialistes qui les aideront à mieux comprendre leur corps. Je suis également plus soucieux de m’engager dans des activités de perfectionnement professionnel et de transmission des connaissances. Aujourd’hui, au lieu de dire que j’aimerais que ceci ou cela soit disponible en physiothérapie, j’agis et je suscite des occasions de croissance et de partage de l’information pour moi et pour mes collègues.

Comment vous êtes-vous intéressé à la science de la douleur?

J’ai pris un cours en SIM de Gunn dans les années 1990, et je me suis intéressé à ce qui rendait cette technique si efficace dans les cas de douleur de longue date. À l’époque, je travaillais à l’Hôpital Misericordia où j’offrais des services de physiothérapie générale. Après avoir suivi le cours, je suis allé travailler dans une clinique médicale spécialisée dans la douleur chronique. En étroite collaboration avec le médecin et le psychologue, j’y ai apporté le point de vue d’un physiothérapeute sur le mouvement et la rééducation. Je travaillais aussi à l’époque à temps partiel dans une clinique de psychologie qui utilisait entre autres la rétroaction électromyographique. Après quelques années, j’ai voulu avoir la liberté de créer un programme et je me suis associé à un physiothérapeute d’expérience, Ian Sim. Nous avons fondé ensemble CSA Physiotherapy afin de nous concentrer sur les douleurs neuropathiques.

Pourquoi avez-vous choisi la physiothérapie comme carrière?

C’est facile : j’ai eu un accident de la route quelques semaines après avoir réussi les qualifications pour les Jeux olympiques en saut à la perche. J’ai passé deux ans en béquilles, et j’ai été horrifié par l’absence de stratégie pour le mouvement et la réadaptation. Mon expérience, aussi bien à l’hôpital qu’à la clinique, m’a fait réaliser que les services offerts aux personnes dans ma situation étaient tout simplement insuffisants. Je fonctionnais trop bien pour un programme hospitalier, mais pas assez pour me débrouiller tout seul, et mon médecin m’a dit qu’il ne croyait pas à la physiothérapie. Ça a suffi pour que je m’y intéresse.

Formation

Baccalauréat en sciences à l’Université Concordia (1987-1991)

Baccalauréat en sciences (physiothérapie) à l’Université de l’Alberta (1991-1996)

Rôle et poste actuels

Je travaille à temps plein à CSA Physiotherapy, sur la 51e Avenue. Je suis clinicien principal et je participe au mentorat dans la clinique. Je me concentre uniquement sur les douleurs chroniques ou complexes, et mes interventions comprennent des stratégies axées sur la thérapie cognitivo‑comportementale et la stimulation intramusculaire de Gunn.

Courriel : corychoma@me.com

Site Web : www.csaphysio.ca