Domaine de spécialité clinique : Cardiorespiratoire
 

Nombre d’années de pratique dans ce domaine : 32
 

Milieu de pratique : Soins actifs et consultation externe auprès de patients aux prises avec des problèmes respiratoires complexes

Pourquoi avoir choisi d’être spécialiste clinique?

Étant donné que je vis à Terre-Neuve-et-Labrador, où l’Université Memorial de Terre-Neuve n’offre pas de programme en physiothérapie, je cherche régulièrement des moyens de continuer d’examiner mes options de pratique et de réseauter. Le programme de spécialité m’a permis d’étendre mon réseau et de prendre contact avec des praticiens de tout le pays, un atout pour faire progresser ma pratique.

En plus d’être directrice de pratique clinique, j’ai préparé et donné des cours sur l’évaluation et la gestion cardiorespiratoires. Je trouvais important, sur le plan de la crédibilité, d’obtenir le titre de la spécialité, ce qui place la barre haute pour se réaliser professionnellement.
 

Quelle influence croyez-vous que cette spécialité clinique aura sur l’avenir de la physiothérapie cardiorespiratoire?

Je souhaite que la physiothérapie cardiorespiratoire, l’une des toutes premières spécialisations, sensibilise l’opinion publique et fasse une plus grande place à cette spécialité dans l’ensemble des soins de physiothérapie donnés aux patients. Ce programme de certification est un élément de plus qui met en lumière les forces des physiothérapeutes et leur apport possible aux équipes de soins intégrés. Dans le cas d’une unité de soins intensifs, par exemple, les avancées technologiques et le nombre de disciplines représentées sont indéniables. Pouvoir justifier notre rôle, tant pour la prise en charge respiratoire que pour l’orientation de la mobilisation progressive, nous permet non seulement de bien collaborer avec nos collègues d’autres disciplines, mais aussi d’assurer un leadership dans l’élaboration des objectifs de soins. Il importe également de franchir les frontières disciplinaires et de trouver des moyens de rapprocher les praticiens de diverses spécialités, telles la physiothérapie musculosquelettique ou la neuroréadaptation, afin qu’ils apportent leur contribution de façons nouvelles qui profiteront aux patients.

Le programme de spécialité m’a permis d’étendre mon réseau et de prendre contact avec des praticiens de tout le pays, un atout pour faire progresser ma pratique.

Quels facteurs importants faut-il prendre en compte lorsqu’on souhaite faire une spécialité clinique?

L’expression « une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible » s’applique à nous. Pour que les résultats d’une spécialité soient solides et crédibles, elle doit avoir de bonnes bases. Je suggère que tous les physiothérapeutes visent initialement une pratique générale, afin de se doter des connaissances et des compétences requises avant de se spécialiser. Lorsque je me suis dirigée en physiothérapie cardiorespiratoire, mon expérience préalable de plusieurs domaines de pratique, dont les soins actifs en neurologie et la consultation externe, a enrichi mon bagage. Il faut axer sa pratique sur le patient, viser un équilibre entre preuves et innovation, et adopter une lecture nouvelle de la science à la base de notre travail. C’est ensuite la passion qui sera le moteur de votre pratique! Le programme de spécialisation de l’ACP est l’un véhicules pour réaliser vos objectifs en la matière. Je recommande aux physiothérapeutes de passer ce programme en revue : ils pourraient satisfaire aux exigences plus rapidement qu’ils le croient.
 

Biographie

J’ai obtenu mon baccalauréat en physiothérapie de l’Université Queen's, puis je suis rentrée à St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador) travailler au Health Sciences Center pour remplir mon engagement lié au programme de bourses. Au début de ma carrière en physiothérapie, comme mon premier poste au cycle supérieur avait été en soins actifs en neurologie, j’ai cru que ce serait mon domaine de pratique principal. Mais deux ans plus tard, j’acceptais un poste cadre temporaire à l’unité de soins intensifs, où je coordonnais les services cardiorespiratoires pour le département de physiothérapie. J’y avais consenti en tant que faveur à ma première patronne, jusqu’à ce qu’elle recrute un chef clinique des services cardiorespiratoires. Ma seule condition était d’obtenir du soutien pour la recherche de nouvelles preuves (c’était avant la naissance de l’expression « pratique fondée sur des données probantes ») et leur intégration dans la pratique, car les traitements cardiorespiratoires me semblaient quelque peu routiniers. Ce qui s’annonçait une pause d’un trimestre de la neurologie est devenu une passion de toute une vie pour la physiothérapie cardiorespiratoire. En travaillant à temps plein à l’unité de soins intensifs, j’ai pu explorer la physiopathologie des patients et leur réponse instantanée à nos interventions. Les possibilités qu’offrait une rétroaction constante m’ont immédiatement séduite! Nous pouvions tenter un traitement, puis l’adapter subtilement selon les rétroactions physique et technologique. Le cadre de l’unité de soins intensifs permettait d’expérimenter et d’innover en toute sécurité; nous pouvions donc extrapoler les progrès en soins aux patients, et intégrer à la pratique les résultats, la formation et les données probantes.

Je suis actuellement directrice de pratique clinique en physiothérapie pour l’organisme Eastern Health. Je partage mon temps entre, d’une part, la pratique clinique à l’unité de soins intensifs et, d’autre part, la coordination et l’administration des ressources destinées aux services externes de physiothérapie à l’hôpital St. Clare's Mercy. En 2012, ce fut un grand honneur de me voir décerner le prix de clinicienne de l’année (Allied Health Clinician of the Year award) pour mon travail au Eastern Health.